L’essentiel
- Quinze personnes ont été interpellées en début de semaine lors d’un vaste coup de filet anti drogue.
- Un laboratoire servant de lieu de fabrication de méthamphétamine a été mis au jour dans une belle villa de l’arrière-pays varois.
- Une saisie record de cette drogue de synthèse avait été effectuée l’an dernier.
La fabrication était opérée dans une luxueuse villa de l’arrière-pays du Var. Un endroit secret, dans lequel au moins 400 kg de méthamphétamine ont été produits pendant plusieurs mois. Avant que les enquêteurs ne tombent dessus. « Les produits servant de matière première, pour la plupart achetés en Chine, étaient acheminés par voie maritime puis routière vers des entreprises du Var, où le réseau disposait de solides relais logistiques », a souligné Nicolas Bessone.
D’après le procureur de Marseille, le chiffre d’affaires à la revente au détail est estimé à plus de 11 millions d’euros, pour un investissement initial estimé autour de 150.000 euros. L’opération judiciaire déclenchée lundi a conduit à l’interpellation de 15 personnes, principalement dans le Var. Mais, « l’une des principales têtes du réseau a été arrêtée en Belgique par la police judiciaire de Liège, dans le cadre d’une demande d’entraide pénale », souligne le procureur de Marseille. Près de 200 militaires ont été mobilisés pour cette opération risquée.
Cette opération avait été lancée après des mois d’investigations sous l’égide de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille. Une enquête qui avait nettement accéléré après l’interpellation en juin 2024 dans le Var de deux personnes transportant 215 kg de méthamphétamine. Une saisie exceptionnelle « correspondant, à elle seule, aux saisies annuelles réalisées en France ces dernières années », a souligné le procureur de Marseille. Les deux personnes interpellées en juin 2024, appartenant au banditisme varois, étaient « associées dans ce trafic, ayant des ramifications dans plusieurs pays européens, à un cartel mexicain », selon le procureur.
Les enquêteurs ont également pu identifier des filières d’écoulement impliquant des intermédiaires localisés en Espagne et en Belgique et découvert « l’utilisation de cryptomonnaies pour assurer les transferts de fonds ». Des perquisitions ont permis la saisie d’espèces, de trois véhicules, de produits de maroquinerie de luxe, de nombreux téléphones portables et de matériel électronique utilisé pour détecter les systèmes de surveillance utilisés par les forces de l’ordre.
A l’issue des auditions, huit des quinze personnes interpellées ont été mises en examen. Six ont été placées en détention provisoire et deux sous contrôle judiciaire.





