
Ils s’appelaient Sarah Milgrim et Yaron Lischinsky. Ils avaient la trentaine, travaillaient à l’ambassade d’Israël à Washington, étaient amoureux et parlaient de se fiancer. Jeudi dernier, ils ont été tués en pleine rue, à la sortie du musée juif, à deux pas du Capitole. L’auteur des tirs ? Elias Rodriguez. Il a 30 ans, vient de Chicago. À l’arrivée de la police, il a sorti un keffieh et crié : « Free, free Palestine ». Il ne savait rien d’eux. Il ignorait que l’événement organisé ce soir-là par l’organisation juive américaine American Jewish Committee (AJC) portait sur l’aide humanitaire, que l’on y discutait de la manière d’aider les habitants de Gaza et d’Israël et de faire travailler ensemble juifs, chrétiens et musulmans, au service des populations civiles. Sarah et Yaron croyaient à cette idée. Ils travaillaient sur des programmes de dialogue entre jeunes Palestiniens et Israéliens.
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« L’injustice est immense », déclare Dana Steiner, directrice d’AJC Access, le réseau des jeunes professionnels engagés auprès de l’American Jewish Committee. Elle connaissait bien Sarah. Elles s’étaient rendues au Maroc en septembre dans le cadre d’un programme de dialogue interculturel. Elle se souvient d’une jeune femme « chaleureuse, gentille, d’un engagement rare. Sarah voulait sincèrement rendre le monde meilleur. » Johanna, membre d’AJC en France, garde quant à elle le souvenir d’une jeune femme active, investie. « Elle portait un immense espoir pour le Moyen-Orient. » Yaron, lui, n’était pas juif, mais chrétien pratiquant. Linguiste talentueux, il parlait l’hébreu, l’allemand et le japonais. Ses proches le décrivent comme « brillant, gentil et infiniment réfléchi ». « Ils se retrouvaient autour de valeurs communes », résume Johanna.
À l’exception de LFI, des réactions solidaires
En France, les réactions à leur assassinat ont été nombreuses, unanimes, solidaires. À quelques exceptions près. Le député LFI Éric Coquerel, plutôt que d’exprimer sa compassion, a déclaré : « Ma réaction, c’est qu’il faut très rapidement que s’arrête le génocide en cours à Gaza, voilà ce que je veux dire. » Anne-Sophie Sebban, directrice d’AJC Paris, y voit une illustration de ce qu’elle dénonce depuis longtemps. « Ces déclarations traduisent une forme d’antisémitisme qui laisse entendre que des Juifs peuvent être pris pour cibles, simplement parce qu’Israël est en guerre. » Quant à l’élu Insoumis Thomas Portes, quelques heures après l’assassinat de Sarah et Yaron, il publiait sur X, en lettres capitales : « FREE PALESTINE ! », avant de supprimer son message. Le timing ne laisse aucune place au doute. Est-ce vraiment étonnant ? Leur mécanique est désormais bien connue : une inversion accusatoire qui cherche à détourner l’attention, en justifiant un crime antisémite par l’invocation de la guerre au Proche-Orient.
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