
La veille de la finale, dans les entrailles du Stade de France, Luis Enrique mettait en garde : « Tous les joueurs pros savent que jouer une finale de Coupe est très particulier. Aucun joueur ne sera déconcentré. Si quelqu’un l’est un peu, qu’il me prévienne tout de suite. La seule finale importante est celle qui est devant nous et nous ne penserons pas une seconde à la Ligue des champions. » La preuve ? Hormis Safonov, maintenu dans les buts après avoir disputé toutes les rencontres de Coupe de France et Kvaratskhelia, pris de maux de tête à l’échauffement et sagement laissé sur le banc de touche, l’entraîneur du PSG alignait son équipe-type avec les inévitables Barcola, Dembélé et Doué (remplaçant le Géorgien) aux avant-postes. Même pas peur (de se blesser avant Munich), donc. Et dès les premiers instants, les voltigeurs maison sonnaient la charge sur une pelouse tellement glissante qu’elle empêchait Hakimi puis Dembélé d’aller au bout de leurs intentions, le meilleur buteur de L1 cadrant malgré tout sa frappe au milieu d’une forêt de jambes.
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Dans une enceinte comble (77 100 spectateurs) et à la ferveur équitablement répartie, le virage rémois rouge et blanc voyait les siens acculés dans leur surface et rapidement débordés… sur une contre-attaque. Servi par Vitinha, Désiré Doué faisait mine de partir à droite avant de lancer Bradley Barcola plein axe. Fulgurant comme un bouchon de champagne libéré de son muselet d’aluminium, l’international français ajustait du droit le gardien champenois Yehvann Diouf et atténuait un suspense déjà relatif (1-0, 16e) avant de l’éteindre deux minutes plus tard, toujours mis sur orbite par l’ancien Rennais, révélation absolue de la saison (2-0, 18e). Pour des Rémois davantage préoccupés par leur maintien en Ligue 1 – ils joueront le barrage retour face à Metz ce jeudi après le 1-1 de l’aller – que par la conquête de la 108e Coupe de France (rebaptisée Coupe de France-Crédit Agricole en 2026, authentique), ces vingt minutes initiales ressemblaient à un pensum : 80 % de possession de balle pour un PSG en maîtrise absolue, presque en démonstration. à quatre minutes de la pause, après avoir copieusement érodé la défense adverse, Barcola, décidément l’homme du match, trouvait Hakimi au second poteau qui validait l’offrande d’une volée du droit (3-0, 42e).
Passeur, buteur, Barcola revient en forme au bon moment
Les Parisiens pouvaient rentrer sereinement aux vestiaires, le plan « on se détache rapidement du score pour gérer et préparer Munich » s’étant déroulé sans aucun accroc et Safonov n’ayant eu qu’une inoffensive frappe de loin à bloquer en début de partie. « C’est difficile pour nous », concédait au micro de BeIN Sports le milieu rémois Mory Gbane. Résigné, le coach Samba Diawara faisait souffler trois de ses titulaires (Ito, Okumu, Siebatcheu) en vue du barrage, actant un peu plus encore le seizième succès du PSG, vainqueur sans partage cette saison encore dans l’Hexagone après la conquête du Trophée des champions et de la Ligue 1. La seconde période s’étirait sans passion et Marquinhos pouvait soulever sa huitième Coupe de France personnelle, nouveau record. «Une très belle soirée », résumait Barcola, déjà focalisé sur la suite.
La semaine qui s’annonce sera en effet aussi vertigineuse qu’excitante pour lui comme ses coéquipiers qui ont appris jeudi la prolongation de contrat jusqu’en 2028 de Luis Campos, « le meilleur directeur sportif » selon Luis Enrique. Ils s’entraîneront dans le calme de leur campus de Poissy jusqu’à jeudi avant de s’envoler pour Munich et goûter à la douce tempête d’une finale de Ligue des champions face à l’Inter Milan, le rendez-vous d’une carrière, d’un club, d’une ville et d’un propriétaire, le Qatar, qui rêve de consécration européenne depuis son arrivée en 2011. Avec cette joyeuse et implacable machine à jouer au foot, il n’en a jamais été aussi près.
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