
Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, a annoncé le 22 mai à l’Agence France Presse (AFP) un projet de jumelage avec le camp de réfugiés palestiniens d’Aïda en Cisjordanie, près de Bethléem. Parallèlement, elle a pris acte « du gel » du jumelage noué depuis plus de trente ans avec la commune israélienne de Ramat Gan, située à l’est de Tel-Aviv.
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L’édile écologiste compte faire adopter cette décision lors du prochain conseil municipal, prévu le 23 juin prochain. Un choix qui se veut « un acte fort de soutien [adressé] au peuple palestinien », souligne-t-elle. Pour l’élue d’Europe Écologie les Verts, ce jumelage « sera l’occasion pour la ville de Strasbourg de réitérer son attachement profond à une paix juste et durable, qui passe nécessairement par le cessez-le-feu immédiat et la fin du siège de Gaza, ainsi que la libération des otages et prisonniers détenus de façon arbitraire par l’ensemble des parties ».
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Le 25 mai, Jeanne Barseghian accueillait la délégation d’Aïda à l’hôtel de ville. Sur les photos immortalisant la rencontre, l’élue écologiste porte un keffieh sur ses épaules aux côtés des membres de la délégation palestinienne. En outre, une « carte d’Israël » barrée de drapeaux palestiniens lui a été offerte à cette occasion.
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Militantisme pro-palestinien
Lors du conseil municipal du 19 mai, la séance avait été interrompue après l’intrusion de quatre militants pro-palestiniens qui réclamaient, en brandissant des drapeaux palestiniens, la fin du jumelage avec la ville israélienne de Ramat Gan. Une cinquantaine de manifestants du collectif Palestine 67 s’étaient également réunis sur le parvis du conseil strasbourgeois. Son porte-parole, Hervé Gourvitch, avait alors réclamé l’arrêt immédiat et définitif du jumelage avec la commune israélienne.
Avant Jeanne Barseghian, l’ancien maire socialiste de la ville, Roland Ries, avait rencontré le maire de Bethléem et évoqué l’idée d’un jumelage entre les deux villes. C’était en 2018. « Mais il s’agissait de construire un jumelage de collectivité à collectivité. Et c’était avant l’attaque du 7 Octobre », nuance l’ancien maire, soulignant qu’« il reste toujours des otages à Gaza ».
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Une carte polémique remise à la maire de Strasbourg
Cette prise de parti de l’édile écologiste a suscité de vives réactions de la part des représentants de la communauté juive. « Oser mettre sur le même plan des prisonniers accusés de terrorisme détenus dans le cadre de procédures et des otages arrachés à leur foyer un matin d’horreur est une insulte à la vérité, à la justice et surtout aux victimes », fustigent ainsi Pierre Haas et Sophie Cohen-Elbaz, respectivement président et vice-présidente du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) Alsace.
Thierry Roos, secrétaire général de France-Israël Grand Est, réclame pour sa part la réactivation du jumelage avec Ramat Gan et se demande si cette « démarche ne relève pas avant tout d’un calcul politique, surfant sur la vague du Hamas ».
Pour l’élue socialiste de la ville, Pernelle Ricardot, le cadeau remis le 25 mai à la maire écologiste par ses hôtes palestiniens n’est pas « un symbole naïf, mais bien un projet politique. Ce n’est pas un appel à deux États, ni même un compromis difficile. C’est l’adhésion implicite à un projet de destruction, celui où le peuple juif serait à nouveau nié, déplacé, effacé ». Pierre Jakubowicz, conseiller municipal Horizons, s’agace quant à lui du calcul politique de la maire écologiste de Strasbourg : « La maire flatte l’extrême gauche » éructe-t-il. « Du pur cynisme. Jeanne Barseghian importe à Strasbourg ce conflit à un moment de tensions fortes », dénonce également Jean-Philippe Vetter, conseiller municipal LR.
L’ancien directeur de Frontex, Fabrice Leggeri, devenu depuis député européen RN, épingle une « compromission idéologique » : « Ce que montre cette carte, ce n’est pas la paix, c’est la guerre, l’appel à la destruction d’un État », estime-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme une « obsession islamo-gauchiste d’effacer l’Histoire »
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