
Christophe Aubé connaît les réalités du monde agricole. Fils d’exploitant, il a grandi en regardant son père travailler, jour après jour, au rythme exigeant des saisons. « Il m’avait formellement interdit de reprendre l’exploitation. Il estimait que les conditions étaient trop difficiles, trop ingrates », se souvient-il. Le jeune homme se tourne alors vers des études d’ingénierie, et se spécialise en robotique. En 2015, il fonde Agreenculture, une PME toulousaine à la croisée de l’agriculture et de l’innovation. Sa mission : soulager les agriculteurs des tâches pénibles et répétitives, souvent sans valeur ajoutée, en automatisant les interventions grâce à des systèmes robotisés intelligents.
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« On attend des agriculteurs qu’ils soient à la fois sur leurs machines et experts en agronomie. Mais quand on passe dix heures par jour dans une cabine de tracteur, on n’a pas le temps de réfléchir à ses cultures », explique-t-il. L’entreprise, qui emploie aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs, a mis au point une technologie de guidage de haute précision, embarquée dans de petits boîtiers blancs.
Ces dispositifs autonomes peuvent piloter à distance divers outils agricoles : travail du sol, semis, fertilisation, pulvérisation, et ce 24 heures sur 24, en s’adaptant aux conditions météo. Une véritable révolution dans des secteurs comme la viticulture, où les agriculteurs devaient jusque-là choisir entre le glyphosate et une douzaine de passages manuels pour désherber. La machine permet un tournant agroécologique : elle est programmée pour des allers-retours pendant que le viticulteur s’occupe d’une autre tâche.
« Nous offrons du temps et de la liberté à l’agriculteur »
« Nos solutions ont un impact économique important pour l’agriculteur et un impact environnemental », résume Christophe Aubé. Les robots Agreenculture, déjà testés sur plusieurs milliers d’hectares, permettent des interventions ciblées, pour réduire jusqu’à 50 % l’usage de produits phytosanitaires. Grâce à la cartographie des parcelles et au positionnement centimétrique, les traitements ne sont appliqués qu’aux endroits nécessaires, passant d’une pulvérisation basique à une pulvérisation intelligente.
La complexité de la robotique est telle que l’entreprise ne pourra pas apporter de solutions à chaque culture mais, à terme, le dirigeant espère que ses boîtiers vont se démocratiser et devenir « un compagnon de travail, au service de l’homme ». Il résume : « Nous ne remplaçons pas l’agriculteur, nous lui redonnons du temps, de la sécurité et de la liberté. »
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