Son truc à lui, c’est de rassembler les stars les plus en vue de Hollywood. Et même d’attirer quelques célébrités de chez nous. Dans son dernier film, Wes Anderson applique à nouveau sa formule. On y suit les mésaventures burlesques d’un homme d’affaires riche et manipulateur qui, après avoir échappé plusieurs fois à la mort, décide d’assurer sa succession en renouant avec sa fille, prête à entrer dans les ordres. Devant la caméra défilent Tom Hanks, Benedict Cum berbatch, Scarlett Johansson, Bill Murray, Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, sans oublier Benicio del Toro, dans le rôle d’une sorte de Howard Hughes aussi fou qu’attachant. Barbara Théate
De Wes Anderson, avec Benicio del Toro, Mia Threapleton, Michael Cera. 1 h 41.
L’Ultime braquage
Le polar danois se porte très bien. Comme en témoigne ce récit de braquage impitoyable, à la mise en scène coup de poing, qui raconte le plan fou de criminels pour faire main basse sur un butin de 70 millions d’euros dans un entrepôt placé sous haute surveillance. Surprise, l’acteur français Reda Kateb incarne le chef de cette équipée qui ne reculera devant rien pour par venir à ses fins. Stéphanie Belpêche
De Frederik Louis Hviid, avec Reda Kateb, Gustav Dyekjaer Giese. 1 h 50.
La série de la semaine
Cœurs noirs
Nerveuse, haletante, la saison 2 de Cœurs noirs tient toutes ses promesses et ravira ceux qui avaient découvert il y a deux ans ce trépidant thriller militaire. L’action se déroule en Irak, en 2016, à la veille de la bataille de Mossoul. Les forces spéciales et la DGSE tentent de libérer Sab, une opératrice retenue en otage par Zaïd, un émir de Daech. Ce dernier cherche à négocier son exfiltration, mais sait que le moindre faux pas pourrait le condamner auprès des cadres de l’État islamique. Ultraréaliste, Cœurs noirs démontre que les productions françaises n’ont rien à envier aux séries survitaminées de Hollywood. Raphaël Stainville
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De Ziad Doueiri, avec Nicolas Duvauchelle, Marie Dompnier, Nina Meurisse. Disponible sur Prime Video.

À voir au théâtre
Hôtel 7
Les clients qui débarquent dans un hôtel découvrent qu’il est ensorcelé. Pris au piège, ils doivent affronter leurs propres défauts : jalousie, orgueil, avarice, luxure… Ce sont les sept péchés capitaux qui font chacun l’objet d’une scène. Simple séduction, liberté, dégâts d’avoir cédé… Autant de facettes de la confrontation au péché qui explorent les rouages conduisant à succomber… ou résister ! Trois jeunes acteurs, dont Marie Fournet, qui a écrit et mis en scène la pièce, démultiplient leurs talents, chant et chorégraphie compris, pour nous offrir un conte philosophique inspiré aux accents tantôt comiques, tantôt tragiques. Hôtel 7 a déjà fêté sa centième représentation : succombez à la tentation ! Philippine Farges
La Divine Comédie (Paris, 9e), 1 h 15. Tous les vendredis à 21 h 15 jusqu’au 27 juin. theatredivinecomedie.fr.
À écouter
Hayato Sumino, nouveau maestro du piano
Corneille avait raison : la valeur n’attend pas le nombre des années. La preuve par Human Universe, premier disque d’Hayato Sumino. Demi-finaliste au concours Chopin de Varsovie en 2021, il est depuis devenu une star au Japon, à seulement 30 ans. Véritable prodige, Sumino touche à tous les genres, de Ravel dont il réinvente le fameux Boléro, à Debussy dont le Clair de Lune est ici magnifiquement revisité. Tout aussi à son aise avec Bach et Purcell ou Ryuichi Sakamoto, son contemporain plus pop, il s’offre même le luxe de présenter ses propres compositions, largement à la hauteur des maîtres l’ayant inspiré. Nicolas Gauthier
Human Universe, Hayato Sumino, Sony.
À lire
Le style Voutch
Sempé et Scott Adams ont un fils, comment l’appellent-ils ? Voutch ! À la manière du premier, l’ancien pubard s’amuse à lâcher des petits hommes dans un monde trop grand. Tout comme le second, il pratique la satire délirante du monde de l’entreprise. Dans un bureau pourvu de tous les signes extérieurs de puissance, un patron s’adresse à sa secrétaire par l’interphone : « Marie-Cécile, je suis en état d’hypoaffectivité. Venez immédiatement me prendre sur vos genoux pour me raconter l’histoire des trois petits canards qui font coin-coin. » Deux moines discutent : « C’est décidé : je plaque tout et je retourne chez J. P. Mor gan Asset Management. » Précision du trait, celui du crayon comme celui de l’es prit, usage reconnaissable entre tous de la couleur, le style Voutch fête cette année son trentième anniversaire. Éric Naulleau
Le Monde merveilleux de l’entreprise, Voutch, Le Cherche midi, 72 pages, 24,50 euros
Le scandale de la French Connection
Les décombres de la Seconde Guerre mondiale engendrent l’une des plus mythiques organisations clandestines, la French Connection. Anciens résistants, ex-collabos, les gangsters ne sont pas très regardants. Quand il s’agit de trafic d’héroïne, tous les mauvais esprits sont de la partie. Même les poli tiques. Un étudiant et un reporter, vont tenter de faire éclater le scandale. Mais le Milieu est féroce et, en ce printemps 1953, dans les venelles étroites de Tanger, il vaut mieux ne pas se faire remarquer. Un véritable page turner que ce premier roman du grand journaliste Jacques de Saint Victor ! Stéphanie Des Horts
Les Loups de Tanger, Jacques de Saint Victor, Calmann-Lévy, 540 pages, 21,90 euros.

La Lorraine à l’heure jacobine
Dans la France révolutionnaire, il ne fait pas bon s’appeler Éléonore de Cussange et, pire encore, de prendre la fuite tandis qu’un cadavre est retrouvé devant votre château. Augustin Duroch, vétérinaire et ami de la jeune noble, a beau être convaincu de son innocence, il faudra ruser pour convaincre le citoyen Duquesnoy, représentant de la République, de ne pas envoyer l’accusée à l’échafaud. Tambour battant, Anne Villemin Sicherman nous jette dans la tourmente révolutionnaire : un roman historico-policier passionnant et d’une précision à en perdre la tête ! Georges Grange
La Dernière Chance d’Éléonore, Calmann-Lévy, 512 pages, 21,90 euros.
L’inspecteur Simenon sur les cimes du polar
Paru il y a soixante ans, ce livre écrit en deux mois contient la magie littéraire du maître belge, qui excellait à nous plonger au cœur de l’atmosphère où il faisait évoluer ses personnages. Dans La Chambre bleue, il situe une idylle entre des amants qui lui permet d’analyser au microscope quatre protagonistes d’un drame qu’il autopsie comme un médecin légiste. Du grand Simenon, souvent imité mais jamais égalé, tant il donne une dimension universelle au moindre fait divers qu’il sublime avec son art de la narration. Bernard Morlino
La Chambre bleue, Georges Simenon, Le Livre de Poche, 185 pages, 7,90 euros.
Le mot rare
Turpide : d’une grande laideur morale, écœurant, honteux
Revenons aux origines du mot : ce qui est « turpis » est, pour les Romains, ce qui est difforme. La difformité physique n’était jusqu’aujourd’hui plus pointée du doigt et on avait jeté la honte sur la laideur morale. Cependant, certains proposent non plus d’accompagner les faibles, mais de les faire disparaître. Cela mène aux turpitudes actuelles, où une loi turpide veut aider à mourir ceux qu’elle ne veut plus voir.
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