Les 38 000 places mises en vente se sont envolées en quelques heures. Un précieux sésame pour assister à la retransmission de la finale, au Parc des Princes, dans des conditions de match, grâce à quatre écrans géants orientés vers les tribunes. Le tout avec un système d’animation et de restauration exceptionnel. D’abord réservée aux abonnés et aux membres de MyParis (le programme de fidélité du club), la billetterie n’a même pas pu être ouverte au grand public, tant l’engouement est délirant. Au point que deux à trois stades auraient facilement pu être remplis. « Nous souhaitions que le Parc soit la deuxième pelouse de la finale. Et nous sommes fiers de voir déjà le succès de notre démarche », souligne Fabien Allègre, directeur du développement de la marque et vice-président de PSG for Communities (la Fondation PSG), qui réalise plus de 400 opérations solidaires par an.
Pour ses supporters, le club n’a clairement pas lésiné sur les dispositifs. À Munich, une fan zone pouvant accueillir 23 000 personnes – sur la Königsplatz – va être déployée en partenariat avec l’UEFA. Selon nos informations, d’anciens joueurs parisiens, dont la liste des noms est en cours de validation, viendront participer au spectacle. La rencontre sera également diffusée dans la majorité des PSG Academy, les 210 écoles de foot du club. En France, mais aussi en divers points du globe, comme à Rio, aux États-Unis, au Qatar ou à Hong Kong. L’ambition ? Rassembler un maximum de supporters d’un club qui compte plus de 220 millions de fans à travers le monde (dont moins de 10 % en France). Mais c’est avant tout sur le territoire national que le Paris Saint-Germain compte marquer de son empreinte un rendez-vous historique, en déclenchant une offensive marketing d’envergure qui débute dès lundi matin dans toute l’Île-de-France, et principalement à Paris. « L’objectif, c’est que demain, la ville se réveille en Rouge et Bleu », nous confie Fabien Allègre.
Photomatons et intelligence artificielle
Les boutiques du club, relookées en moins de quarante-huit heures, ont ainsi donné le coup d’envoi d’une campagne visuelle aussi festive qu’ambitieuse. Les métros et les emblématiques colonnes Morris de la capitale seront constellés des couleurs du club et de messages d’engagement. Une action très symbolique pour le PSG : « Cela renforce le positionnement que nous avons défini dès 2011. Seules les structures culturelles peuvent accéder à ce type de visibilité… mais justement, nous sommes aussi une entreprise de spectacle. » Autre initiative, aussi récréative qu’ingénieuse : l’investissement des photomatons.
Parmi les projets à l’étude : des éclairages nocturnes sur la Seine, des stades de banlieue entièrement customisés PSG…
En plus d’être « stickés » PSG, certains permettront, grâce à des modules d’intelligence artificielle spécialement conçus, de réaliser des photomontages où l’on apparaîtra en pleine action, sur le terrain, affublé de la tenue du club. Mais la vague rouge et bleue ne s’arrêtera pas là. Encore en négociation avec la mairie, les partenaires, les sponsors et l’équipementier (Nike), des affichages géants devraient être déployées en plusieurs lieux de la capitale. Parmi les projets à l’étude : les écrans LED du Grand Rex, ceux de l’autoroute A13,des éclairages nocturnes sur la Seine, des stades de banlieue entièrement customisés PSG… Tout se signe (ou pas) à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Retour à l’équilibre des comptes
L’enjeu financier est considérable. Dès sa qualification en finale, le 29 avril dernier contre Arsenal, le club avait amorcé le développement de produits dédiés à grande échelle. D’abord avec une première ligne textile évoquant la finale via des éléments de langage très encadrés par l’UEFA, puis avec une autre, astucieusement baptisée « Born to shine » (« Née pour briller »), qui s’arrache déjà en précommande. Un exemple ? Les modèles d’écharpes revisitées pour l’occasion se sont depuis écoulés à près de 10 000 unités. Et chaque semaine, en ligne comme en boutique, les bénéfices dépassent ceux de la précédente.
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En interne, on se réjouit d’un chiffre d’affaires qui devrait battre des records cette saison
Le club ne se prive pas de surfer sur ses succès, et lance au passage un nouveau modèle de t-shirt « Jordan Wings », issu de son partenariat avec la légende du basket américain. « On a la chance d’avoir réussi à attirer et à conserver ce lien exclusif qui illustre notre singularité », se félicite Fabien Allègre. En interne, on se réjouit d’un chiffre d’affaires qui devrait battre des records cette saison, dépassant facilement les 806 millions d’euros atteints l’an dernier.
Retour à l’équilibre
Une bonne nouvelle qui, selon nos infos, se conjugue à une autre : le retour à l’équilibre des comptes. Après un ultime exercice (2023-2024) en déficit de 60 millions d’euros, bien aidé par sa campagne (lucrative) en Ligue des champions, le club devrait désormais s’appuyer sur des finances saines. En interne, à tous les étages, on se réjouit de pouvoir ainsi faire mentir les mauvaises langues qui prédisaient l’inverse lors des départs successifs de locomotives à cash comme Messi, Neymar et Mbappé…Et, en cas de victoire finale, le club s’attend à une croissance record, particulièrement dans les six mois à venir.
Toute une ligne de maillots, de goodies et de produits dérivés ont déjà été conceptualisés, et même un livre retraçant l’épopée européenne du club, qui pourrait être rapidement commercialisé. Pour l’anecdote, il se murmure que Nasser al-Khelaïfi, le président ultrasuperstitieux, n’aurait pas souhaité voir les rendus de cette phase « laboratoire » avant le coup de sifflet final, pour ne pas “porter l’œil” à ses joueurs.
Conquête des États-Unis
Mais il est impossible de ne pas se projeter. Selon nos sources, l’état-major du club estime qu’une victoire en Ligue des champions donnerait un coup d’accélérateur inédit à la valeur marchande du PSG. Valorisé à 4,25 milliards d’euros, ce qui en fait le septième plus cher du monde, le club fondé en 1970 pourrait alors franchir plusieurs marches d’un coup. D’autant plus qu’après la C1, dès la mi-juin, le PSG ira disputer la Coupe du monde des clubs aux États-Unis. Une terre que le club cherche à conquérir et sur laquelle il compte particulièrement capitaliser à l’avenir. « Pour nous, c’est un marché clé. On y a dix-huit fan-clubs, sept académies, Nike, notre équipementier historique et beaucoup de partenaires », poursuit le directeur de la marque.
Une « PSG House », à Los Angeles, promet déjà une « expérience Paris Saint-Germain » hors norme à tous ceux qui y passeront une tête, autant que de faire rayonner la marque comme jamais au pays de l’Oncle Sam. Alors si d’ici là, en bonus, ils sont champions d’Europe et que la tour Eiffel clignote en rouge et bleu dans la nuit du 31 mai…
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