Au printemps 2005, les services secrets, exaspérés par l’inertie de l’État profond, me confient plusieurs rapports confidentiels sur « l’islamisation rampante de la France », en comptant sur ma hardiesse afin qu’ils soient publiés « pour faire bouger les lignes ». J’hésite. C’est de la nitroglycérine. Je retiens ma plume. Peur du carton rouge… Je suis en mesure de révéler que, sous le tarmac de l’aéroport de Roissy, pénétré comme un gruyère par les islamistes, il y a au moins vingt-sept salles de prière. Je passe outre et publie Les Mosquées de Roissy. Le livre flambe.
On y apprend que des islamistes sont parvenus à infiltrer les services de sécurité des grands aéroports et à prendre le contrôle de zones entières où transitent bagages et passagers. Les notes d’alerte adressées au sommet de l’État concluent : « L’islamisation avance sans bruit mais avec un indéniable esprit de conquête. La confrontation est devant nous. »
À la sortie de mon livre, la société de connivence pratique le déni. On étouffe le débat. On livre au public inquiet un impeccable syllogisme : « Certes, l’islam radical existe. Mais l’islam modéré ne demande qu’à le vaincre. Il faut donc encourager l’islam modéré. L’islam radical est plutôt dans les caves. L’islam modéré est plutôt dans les mosquées. Il faut donc sortir des caves et construire des mosquées. » Fermez le ban.
Et voici que, vingt ans après, « l’islamisation de la France » est devenue une affaire d’État. Le mérite du rapport sur le frérisme n’est pas tant dans ce qu’il révèle que dans le sceau officiel qui lui est conféré par les pouvoirs publics : les accusations ne relèvent plus du registre de l’opinion, elles sont désormais parole d’État.
Le rapport décrit un projet intellectuel et politico-religieux visant à instaurer une société islamique mondiale. La charia n’est pas adaptable, nous ne sommes pas devant un « christianisme oriental », l’islam est irréductible à nos catégories mentales. L’infiltration frériste dispose de trois armes : le nombre – qui favorise l’assimilation à l’envers –, le soutien d’une cinquième colonne – la gauche –, et bien sûr la République des juges qui, à l’unisson des cinq cours suprêmes, vomit toute idée résiduelle de communauté nationale.
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« Les frontières ont été démantelées »
Qui donc est responsable de cette tragédie ? Toute la classe politique au pouvoir depuis cinquante ans. Elle s’est abandonnée à un laxisme migratoire et à la halalisation progressive de la société. Les frontières ont été démantelées, et on n’a pas eu le courage de dire qu’en France, on ne pratique pas la charia, on serre la main des femmes, on ne les oblige pas à porter le voile, on n’autorise pas la polygamie, on ne porte pas de tenue du VIIe siècle – la tenue du Prophète –, on n’égorge pas les animaux sans les étourdir, on ne mange pas halal à la cantine, on a le droit de changer de religion, on a vue sur des clochers, pas sur des minarets, on entend l’angélus plutôt que le muezzin.
Il y a, dans ce rapport, une phrase édifiante sur les préconisations à venir : « Un nouveau discours public sera probablement nécessaire, qui ne cantonne pas la République à la laïcité et soit de nature à proposer les ferments d’une amitié civique. Les islamistes proposent un grand récit, face auquel les “valeurs de la République” ne suffisent pas. » Voilà le nœud gordien. En effet, il ne suffit pas d’arrêter les flux migratoires, d’interdire les Frères musulmans, de couper les sources de financement.
Pour faire naître une « amitié civique », comme dit le rapport, il faut une grande politique de francisation. Car le populicide est, hélas, devant nous. Le peuple des héritiers ne sait plus d’où il vient et le peuple des migrants ne sait rien de l’endroit où il arrive. La voie de la survie passe par la francisation de l’imaginaire, du mode de vie et de la langue. Nous n’avons plus le choix : ce sera la francisation ou la mort.
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