
La décision était extrêmement attendue, tout particulièrement pour les près de 300 victimes. La cour criminelle du Morbihan a rendu son verdict dans le procès de Joël Le Scouarnec, condamnant l’ex-chirurgien pédocriminel à la peine de 20 ans de réclusion criminelle pour ces faits, dont deux tiers de peine de sûreté. « Il a été tenu compte que les faits commis sont d’une particulière gravité en raison à la fois du nombre de victimes, de leur jeune âge et du caractère compulsif », explique la cour dans son délibéré, citée par l’AFP.
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Une peine quasi similaire à celle requise par l’avocat général Stéphane Kellenberger, qui avait requis contre lui la peine maximale de 20 ans de réclusion.Mais avec une différence notoire : la cour n’a pas retenu la mesure de « rétention de sûreté », réclamée par le parquet et par de très nombreuses victimes, notamment en raison de la « volonté de réparer » de Joël Le Scouarnec. Cette mesure rare, qui concerne essentiellement des délinquants sexuels, permet de placer dans un centre unique en France un criminel présentant un risque élevé de récidive après la fin de sa peine.
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Au rendu du délibéré, la présidente de la cour a expliqué que « si un risque de récidive existe, il ne suffit pas à lui seul à prononcer le principe d’une rétention de sûreté qui doit conserver un caractère exceptionnel ». Elle a cependant ordonné « un suivi socio-judiciaire de quinze années » pour l’ex-chirurgien, ainsi qu’une interdiction définitive d’exercer sa profession.
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Joël Le Scouarnec, aujourd’hui 74 ans, était accusé d’avoir commis 111 viols et 188 agressions sexuelles entre 1989 et 2014, dont une large majorité de patients mineurs au moment des faits. Ce procès, débuté le 24 février, a réuni quelque 60 avocats de parties civiles qui ont plaidé, tantôt individuellement, tantôt en se regroupant autour de thèmes précis, pendant presque trois jours.
Le 20 mars dernier, Joël Le Scouarnec avait fait le choix de reconnaître l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés, endossant également par la suite la responsabilité pour la mort de deux victimes, l’une par overdose et l’autre par suicide. « À la cour, je ne sollicite aucune mansuétude. Accordez-moi simplement le droit de devenir meilleur et de reconquérir cette part d’humanité qui m’a tellement fait défaut », avait-il encore déclaré ce lundi 26 mai pour sa dernière prise de parole.
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La condamnation à une « rétention de sûreté » était l’un des grandes questions de ce procès. Pour Manon Lemoine, que Joël Le Scouarnec a reconnu avoir violée à l’âge de 11 ans, l’adoption de cette mesure par la cour était « le véritable enjeu » du verdict. « Si (elle) n’est pas prononcée, c’est une honte », déclarait-elle à l’AFP avant le délibéré. Son avocate, Me Marie Grimaud, espérait quant à elle que « la cour ne passera pas à côté […] du risque de dangerosité extrêmement important » de Joël Le Scouarnec.
La fin de ce procès ne marque cependant pas la fin définitive de « l’affaire Le Scouarnec ». Lors de ses réquisitions, l’avocat général a ainsi affirmé qu’il « y aura probablement une autre procédure ». Le parquet de Lorient a ouvert deux enquêtes liées à l’ex-chirurgien pédocriminel, dont l’une, révélée à l’AFP le 20 mars, concerne « des victimes éventuellement non identifiées ou nouvellement déclarées » d’agressions sexuelles et viols perpétrés par l’ex-chirurgien viscéral.
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