Impossible de tenir le bureau politique au siège du parti, à quelques mètres de là, faute de place. Ce mercredi 28 mai, Les Républicains se sont donc donné rendez-vous au Musée social, un lieu qui ne leur est pas inconnu – c’est ici qu’ils avaient tenu, le 12 juin 2024, un bureau politique pour exclure Éric Ciotti du parti.
Le nouveau bureau met en scène une arrivée groupée, bien plus discrète qu’il y a quelques mois, avec leur nouveau président Bruno Retailleau en tête. Ce matin, l’ambiance est différente, apaisée et calme. Pas de nuées de caméras, pas de déclaration tonitruante, pas de retroussage de manches de Valérie Pécresse…
Tout en réfléchissant à l’idée de trouver un siège moins cher et disposant d’une précieuse salle de réunion, les élus peinent à s’installer. Ils sont trop nombreux et manquent de chaises. Le bureau commencera donc en retard. Premier objectif : l’unité – affichée, presque surjouée. Laurent Wauquiez, arrivé tout sourire, fait figure de bon perdant. Il félicite son ancien concurrent et vante une campagne « sans guerre des chefs », insistant sur « le besoin de rassemblement ». À sa sortie, le locataire de la place Beauvau fera de même : « Il n’y a plus de retaillistes ou de wauquieristes ! »
« La proportionnelle, c’est niet »
Il est ensuite question des affaires internes au parti. Le président Retailleau rappelle qu’il veut des référendums internes pour revigorer la vie militante et former les jeunes talents. Il insiste sur la nécessité de se plonger pleinement dans les prochaines élections municipales de 2026 et précise « avoir remis le parti au travail » pour plancher sur un projet.
Viennent enfin les sujets plus politiques : l’épineuse question de la proportionnelle. La veille, le groupe la Droite républicaine (DR) à l’Assemblée a demandé à son président, Laurent Wauquiez, de bloquer ce projet auquel tient tant le Premier ministre François Bayrou : « Il faut arrêter la machine infernale ! » Le ministre de l’Intérieur propose une délibération commune afin de lui donner de la force et d’arrêter « cette fumisterie ». Sa position est claire : « la proportionnelle, c’est niet ».
La suite après cette publicité
Pas question de tarder pour définir une position : le Premier ministre reçoit les représentants de la droite lundi, dont Bruno Retailleau, pour évoquer le sujet. Le texte est donc distribué, précisant que le parti « lancera toutes ses forces dans cette bataille contre la proportionnelle ».
Une affaire de « convictions »
Deux arguments sont avancés. Tout d’abord, en tant que parti « de gouvernement », LR refuse « d’avaliser un mode de scrutin qui rendrait encore plus ingouvernable le pays ». Rappelant leur héritage gaulliste, les élus de droite renouvellent leur opposition « au régime des partis ». Devant la presse, Bruno Retailleau développe : « Il nous faut des élus de terrain, pas des élus qu’on met en avant parce qu’ils sont nos amis ou des apparatchiks ».
La motion est votée à l’unanimité – une espèce rare chez LR. Le ministre de l’Intérieur devra donc aller affronter François Bayrou lundi, sur un terrain où le Premier ministre ne veut rien lâcher. « La droite est de retour », assure LR. Interrogé par le JDD sur le risque que cela fait peser sur sa relation avec son Premier ministre, Retailleau évoque « non pas une affaire de relation, mais de convictions ».
Le nouveau patron de la droite avait déjà annoncé des premières nominations la semaine dernière : Michel Barnier, président du Conseil national, Annie Genevard, présidente de la Commission nationale d’investiture ou encore Othman Nasrou, secrétaire général du parti. Il se laisse encore une quinzaine de jours pour définir le reste de l’organigramme.
Le Conseil national du parti, qui entérinera ces nominations, aura lieu le 28 juin prochain. Bruno Retailleau réfléchit à inviter « une grande voix nationale et internationale » pour l’occasion. Suivront des Universités d’été, vraisemblablement fin août, avant un Congrès du parti en septembre.
Source : Lire Plus






