Les séquelles psychologiques dureront des années. Mikel O., chauffeur routier intérimaire âgé de 19 ans, n’aurait jamais dû flirter avec le crime organisé normand. Samedi dernier, sa famille signale à la police la disparition du jeune homme. Il n’a pas donné signe de vie depuis des jours. Quelques heures plus tard, Mikel est retrouvé par des automobilistes sur le bord de la route, en état de choc traumatique et souffrant de nombreuses blessures.
Tout a commencé le 19 mai. Sur l’application Snapchat, Mikel voit une annonce de recrutement publiée par un compte anonyme. Contre la somme de 15 000 euros, le jeune homme est chargé de récupérer un conteneur, situé sur le port du Havre, chargé de parfums et de cosmétiques. D’après nos informations, la cargaison est estimée à plus d’un million d’euros.
Mais la chance ne sourit pas à Mikel. À deux reprises, son camion tombe en panne et l’oblige à rebrousser chemin. À la troisième tentative, le conteneur n’est plus là : il a été déplacé par les autorités portuaires. Le donneur d’ordre de Mikel lui donne alors rendez-vous. Le jeune homme est récupéré dans une BMW série 3 avant d’être emmené dans un immeuble du Havre, où la séance de torture s’apprête à commencer.
Une traque policière aux grands moyens
Persuadés que Mikel a volé la cargaison sans les en informer, les ravisseurs, au nombre de six, lui « recouvrent le visage d’adhésif et lui lient les mains et les pieds » avant de le « rouer de coups partout sur le corps », relate une source policière auprès du JDD.
Selon nos informations, les supplices qu’a subis le chauffeur routier ont été encore plus violents. Mikel a été visé par des tirs dans la jambe, tandis qu’une « perceuse a été activée sur son genou », confie un policier. L’intérimaire sera finalement libéré et abandonné par ses ravisseurs sur le bord de la route.
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Samedi 24 mai, aux alentours de 17h50, les policiers sont sur la piste des ravisseurs lorsqu’un véhicule, à la vue d’un contrôle de gendarmerie, fait subitement demi-tour. Une course-poursuite s’ensuit. Les occupants du véhicule jettent par la fenêtre deux armes de guerre. Selon nos informations, il s’agit d’un Famas, fusil d’assaut employé par l’armée française, et d’une kalachnikov.
Les fuyards, Hadil S. , Caïn S., Charles J. et Yacine E., sont finalement interpellés. Deux d’entre eux sont confondus par la victime, qui reconnaît le visage de ses kidnappeurs et tortionnaires. Une cagoule, des téléphones, de la maroquinerie de luxe et 5 000 euros en liquide sont alors saisis par les forces de l’ordre.
Le principal suspect en cavale
Ultime renversement de cette histoire rocambolesque, Hadil S., le principal suspect, est hospitalisé à la suite de quelques contusions lors de la course-poursuite. Il parvient alors à s’évader de l’hôpital Monod, au Havre, et à prendre la fuite. La police nationale et la gendarmerie se mettent alors à ses trousses, aidées par des équipes cynophiles et un hélicoptère, sans succès. Un mandat de recherche a été délivré. L’individu est activement recherché.
Le 27 mai, l’appartement où Mikel a été séquestré est identifié par les enquêteurs de la police judiciaire. Son occupante, Noémie B., est interpellée dans la foulée, et les agents mettent la main sur la perceuse et le ruban adhésif ayant servi aux sévices. Un faux document d’accès au port du Havre est également retrouvé sur place. Au total, sept individus liés à la séquestration ont été interpellés et présentés devant la Jirs de Lille. L’enquête, spectaculaire, se poursuit.
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