
Le scénario semble tout droit sorti d’une série Netflix. Près de Toulon, dans le Var, les gendarmes ont établi que le cartel de Sinaloa — le plus influent du Mexique — a envoyé, il y a quelques mois, plusieurs de ses spécialistes pour produire plusieurs centaines de kilos de méthamphétamine. Si l’origine mexicaine du réseau a été révélée jeudi par France Inter, le parquet de Marseille avait déjà annoncé, le week-end dernier, le démantèlement d’un laboratoire clandestin dans une propriété luxueuse de l’arrière-pays varois.
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Au total, 200 kilos de drogue ont été saisis et une quinzaine de personnes interpellées. Les enquêteurs estiment toutefois que près de 400 kilos auraient été produits au cours du seul printemps 2024. « Cette saisie représente à elle seule l’équivalent des quantités confisquées chaque année en France », souligne Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille, dans un communiqué publié samedi 24 mai.
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Mercredi, l’agence Europol a confirmé que le réseau était lié au cartel de Sinaloa. L’enquête a mis au jour une organisation hiérarchisée, dirigée par un chef d’origine mexicaine installé en Belgique, épaulé par deux Français en charge de la logistique dans le Var. Ces derniers sont déjà connus pour leur implication dans des affaires de trafic de stupéfiants, notamment à Toulon, et dans le commerce de cocaïne.
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Ils sont soupçonnés d’avoir fait livrer les produits chimiques nécessaires à la fabrication de la drogue via des sociétés écrans, certaines dirigées par des chefs d’entreprise également interpellés. Les « chimistes » mexicains ont installé un véritable laboratoire en France, confirme un responsable de la section de recherche de Marseille, sous couvert d’anonymat : « Plusieurs d’entre eux ont pu venir sur place, mais au moment des arrestations, la production était terminée et ils avaient déjà quitté le territoire » indique-t-il.
Les cartels mexicains bien implantés en Europe
La matière première, achetée en Chine, était acheminée par bateau puis par voie terrestre jusqu’au Var. La production estimée à 400 kilos représente une valeur de revente d’environ 11 millions d’euros, dont il faut déduire les coûts d’achat et de transport, évalués à 150 000 euros. Des cryptomonnaies étaient utilisées pour les transactions entre trafiquants. Selon plusieurs spécialistes, la présence de chimistes mexicains en France ne surprend pas : ils seraient également actifs en Espagne, en Belgique et aux Pays-Bas.
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