
Il y a déjà vingt ans, le peuple français, à la surprise générale, votait clairement « non » au projet de Constitution européenne. Quelle lucidité ! Nos compatriotes avaient compris la nature de ce texte rendant irréversible un engrenage fédéral. Cet évanouissement de notre souveraineté nationale signait de facto la mort de notre démocratie.
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Les éternelles fausses promesses de la quasi-totalité de la classe politique et médiatique qui militait pour le « oui » n’avaient pas suffi à convaincre les Français. Le bon sens populaire avait vaincu la propagande. Déjà, le bilan de cette construction européenne oligarchique était là, sous nos yeux : submersion migratoire et insécurité croissante, fruits de la suppression des frontières nationales ; délocalisations massives, conséquences d’un « euro » trop cher, de l’élargissement sans fin et de la multiplication d’accords de libre-échange déloyaux…
Mais ce référendum aura surtout révélé le caractère antidémocratique d’un système bruxellois hors de contrôle. Loin d’entendre la voix des Français et des Néerlandais pour les comprendre et réorienter la construction européenne au service des peuples, les dirigeants désavoués ont collectivement décidé de passer en force. La signature à Lisbonne d’un traité, copie conforme de la Constitution refusée, et sa ratification par la France par voie parlementaire au congrès de Versailles le 4 février 2008 par 560 voix contre 181, ont révolté des millions de Français qui, depuis, ont déserté les urnes. Je me souviens de la lâcheté de mes collègues de l’époque qui haussaient les épaules quand je les mettais en garde contre la gravité de ce viol du peuple. La crise démocratique française est née de ce « coup d’État simplifié », comme je l’avais nommé à l’époque en quittant l’UMP qui ne pouvait plus, à mon sens, se revendiquer du gaullisme.
Depuis vingt ans, aucun référendum n’a été organisé. L’enjeu est là
Imagine-t-on avec le recul la situation de la France aujourd’hui si, au terme d’une négociation musclée avec nos partenaires, nous avions rétabli nos frontières nationales ainsi que la primauté du droit français sur le droit européen ! Il y aurait deux millions d’étrangers de moins et la situation serait apaisée. Imagine-t-on aussi notre force industrielle et agricole si nous avions récupéré notre droit de veto sur les négociations commerciales internationales, si nous avions mis fin aux délires des normes de la commission de Bruxelles et si nous avions refusé de verser des milliards d’euros à cette bureaucratie qui, avec notre argent, subventionne nos concurrents ? Imagine-t-on enfin la confiance des Français dans leurs institutions si leur « non » avait été respecté et suivi d’autres référendums sur des sujets graves, que seul le peuple peut trancher ?
Depuis vingt ans, aucun référendum n’a été organisé. L’enjeu est là. Allons-nous continuer avec une classe politique qui veut faire croire qu’elle est encore souveraine, alors qu’elle a confié tous les pouvoirs décisifs à une commission technocratique et à un gouvernement des juges liquidant les nations, imposant une politique européenne contraire à l’intérêt même du continent ? On ne sauvera la France qu’avec les Français.
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