Des « gwers » qu’il faut insulter, une « fin de race » à métisser ou un « impérialisme culturel » qu’il est impératif d’éduquer. Le racisme antiblanc semble n’avoir aucune limite, y compris lorsqu’il s’exprime depuis des salles de théâtre ou des chaînes de télévision françaises. Dimanche dernier, sur LCI, l’acteur et réalisateur Mathieu Kassovitz qualifiait les Français de souche de « fins de race », dont les « enfants vont se mélanger avec les autres ».
Des propos polémiques pour lesquels la star du showbiz finira par s’excuser sur les réseaux sociaux. Mais le mal est fait, et la détestation à peine cachée du réalisateur de La Haine pour la France non métissée résonne avec les propos insultants de Mustapha El Atrassi envers les « gwers » ; terme péjoratif d’origine turque pour désigner les Blancs. « Ils puent du cul les gwers, ils se lavent pas. » « Faut que les Algériens et les Marocains arrêtent de s’insulter pour consacrer du temps aux gwers. »
Le dernier spectacle de l’humoriste fait la part belle à des propos particulièrement violents envers les Blancs, relégués au rang de « gwari » (« infidèles », selon l’étymologie ottomane). Un changement de ton étonnant pour Mustapha El Atrassi, qui a émergé sur la scène médiatique au début des années 2000 après avoir été repéré par le « gwer » Laurent Ruquier. Le prenant sous son aile, Ruquier ouvrira à El Atrassi les portes de la radio et de la télévision françaises : Europe 1, France 2, Canal+, l’humoriste doit beaucoup à cette France des « gwers », qu’il méprise désormais.
Mais le racisme antiblanc n’est pas l’apanage des secteurs du cinéma ou de la culture, dont les sorties polémiques souvent extravagantes s’éteignent aussi vite qu’elles apparaissent. D’une façon plus insidieuse, l’essentialisation du Blanc se diffuse majoritairement par le milieu académique, y compris chez les plus jeunes. Cette semaine, par exemple, la Fondation Lilian-Thuram, du nom de l’ancien footballeur reconverti en militant antiraciste, a organisé un concours en partenariat avec l’Éducation nationale. Parmi les prix à remettre aux lauréats, le livre de Lilian Thuram, La Pensée blanche : un essai cherchant à démontrer que le Blanc est raciste par essence.
« Nier l’existence du racisme anti blanc, c’est en creux l’autoriser »
Contacté par le JDD, la fondation Nous autres, à l’origine du concours, assure n’avoir finalement pas remis l’ouvrage de Thuram aux élèves, allant de la maternelle à la sixième. Sous pression de la justice ? « Nous avons engagé un recours devant le tribunal administratif contre le ministère de l’Éducation nationale, explique l’avocate Carine Chaix, présidente de l’association Le Temps de l’enfance. L’Éducation nationale contrevient au devoir de neutralité en parrainant ce concours et laisse l’école publique être gagnée par des stéréotypes racistes et culpabilisants envers les jeunes élèves blancs », commente celle qui est aussi l’avocate de Mickaëlle Paty.
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Face à la banalisation d’un tel discours, une poignée d’associations tentent de mener la bataille judiciaire, souvent péniblement. Dans une enquête de grande ampleur, publiée aux éditions de La Nouvelle Librairie, le journaliste François Bousquet est pourtant parvenu, témoignages à l’appui, à démontrer l’étendue de ce phénomène « massif et occulté », systématiquement renvoyé par le milieu universitaire à une « théorie complotiste » ou un fantasme de l’extrême droite. « Nier l’existence du racisme antiblanc, c’est, en creux, l’autoriser », résume magistralement l’auteur du Racisme antiblanc, l’enquête interdite.
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