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Antoine, policier à Paris : «On est chaque jour confrontés au summum de la violence en France»



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7 Juin 2025
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Antoine, policier à Paris : «On est chaque jour confrontés au summum de la violence en France»
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Je suis entré dans les rangs des forces de l’ordre en région parisienne, il y a déjà plus de dix ans. Dès mes premiers jours en uniforme, j’ai été choqué par le niveau des violences intrafamiliales sur lesquelles j’étais mobilisé. Fils unique, j’ai vécu dans une famille très conventionnelle, sans dispute ni violence. Je suis surpris de voir le nombre de problèmes au sein des foyers, liés souvent à l’alcool ou la drogue – et ce, quel que soit le milieu social.

Ces premières années m’ont forgé et m’ont préparé à subir des agressions et des menaces à répétition dans ma carrière. Je peux dire avec certitude avoir vécu une décennie d’émeutes : Gilets jaunes, indépendantistes dans les Outre-mer, révoltés en Corse, mort de Nahel…

La police est chaque jour confrontée au summum de la violence en France. J’appartiens à une génération de policiers qui a évolué dans une société au summum de la violence, beaucoup de mes collègues en seront marqués à vie.

Faire face aux pluies de mortiers

Je me souviens de ce 1er décembre 2018 à Paris, jour où les Gilets jaunes ont dégradé l’Arc de Triomphe. Mon équipage affronte une pluie de caillasses en bas des Champs-Élysées. Alors que les projectiles arrivent dans notre direction, je songe au film 300, notamment la séquence où des centaines de flèches tombent sur les Spartiates. La moitié de mon équipage a fini par être à terre et des équipements ont été brûlés.

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Plus récemment, j’ai été déployé pour rétablir l’ordre après la victoire du PSG, la semaine dernière. Je suis mobilisé un peu partout à partir de 23 heures, du Parc des Princes jusque dans le 16e arrondissement, vers Exelmans. On fait alors face à une soixantaine de jets de grenades. Mais ce n’est pas le moment où je me suis senti le plus en insécurité : nous étions un groupe d’une cinquantaine d’agents dotés d’armes intermédiaires, comme des grenades ou des LBD. Ça reste dissuasif.

« Bientôt, des policiers préféreront se laisser mourir que de dégainer leur arme à feu »

En revanche, le pire aurait pu se produire à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Mon équipage est alerté pour un refus d’obtempérer d’individus circulant à motocross dans la cité des 3000. Au moment où on réussit à interpeller les suspects, une centaine de personnes déboule dans la rue en seulement deux minutes. Des jeunes, mais aussi des trentenaires, qui commencent à nous encercler.

On risquait de se faire caillasser, d’être visés par des jets de cocktails Molotov. Notre voiture pouvait finir incendiée. Certains individus auraient même pu venir au contact et nous frapper jusqu’à ce que mort s’ensuive. Face à un tel danger, on sait qu’il n’y a aucune solution pacifique, qu’il va falloir se défendre au mieux. On envoie alors toutes les grenades et les LBD dont on dispose pour disperser la foule et se frayer une sortie de la cité.

L’usage de l’arme à feu en question

Quand on fait face à un tel risque, la question de l’usage d’une arme à feu se pose. Cependant, des policiers craignent de plus en plus d’y avoir recours. Certains me le disent clairement : « J’ai peur de sortir mon arme, j’ai peur d’avoir des ennuis. » Je crains que, tôt ou tard, des policiers, dont l’instinct de survie aura été trop bridé, préféreront se laisser mourir que de dégainer leur arme à feu…

En dehors de mon service, je peine à décrocher du travail. La semaine dernière, je me rends dans un magasin Decathlon. J’y croise une bande de jeunes et aperçois l’un d’eux, que j’avais interpellé récemment. J’ai peur d’être reconnu et je quitte ainsi les lieux rapidement, préférant faire mes achats une autre fois.

« Nous sommes constamment filmés et mis en cause lors de nos interventions »

Après treize ans de service, je me tiens prêt à n’importe quelle éventualité. Je suis devenu aussi insensible face à la violence ou à la mort. Si c’est aussi le cas pour mes collègues, je vois bien que mon état d’esprit est différent de celui de certains amis qui ne sont pas de la même profession. J’ai conscience de l’impact psychologique de la vie qu’on mène, de toute cette négativité que l’on accumule…

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De manière générale, je constate que la police ne peut plus faire régner l’ordre de la même façon. La violence est passée à un autre stade. La société s’est ensauvagée. Aujourd’hui, la police n’inspire plus le respect, elle ne fait plus peur.

Chacune de nos actions peut avoir des conséquences. Nous sommes constamment filmés et mis en cause lors de nos interventions. On fait face à un alourdissement de la procédure pénale, à des contraintes administratives… Et en plus, on n’est réellement soutenus ni par la classe politique ni par notre hiérarchie. Les seules choses qui nous font rester ? L’adrénaline dans certaines de nos missions, ainsi que le côté collectif et corporatiste de nos équipes.

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Comme beaucoup de mes confrères, je ne me vois pas du tout faire toute ma carrière dans la police. D’ailleurs, je réfléchis déjà à changer de service ou à passer dans le privé afin de m’éloigner de la voie publique, où la situation est de pire en pire…


*Le prénom a été modifié.

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