Le JDD. Pourquoi avoir décidé d’inaugurer une place Boualem Sansal à Cholet le 16 juin prochain ?
Gilles Bourdouleix. Nous sommes très sensibles avec ma majorité municipale à ce qui arrive à notre compatriote Boualem Sansal. Nous avons voulu lui apporter notre soutien et notre solidarité face à ce qu’il endure. Inaugurer une place pour lui rendre hommage est une manière de le faire. Cet acte montre également la solidarité de la population française à son égard. Nous avons travaillé de concert avec le comité de soutien pour Boualem Sansal pour rendre cette cérémonie possible. Sept mois après exactement, nous restons très inquiets.
Boualem Sansal a-t-il un lien particulier avec Cholet ?
Hormis que Boualem Sansal et Cholet appartiennent tous deux à la nation française, pas à ma connaissance.
Comment s’est déroulé le vote en avril dernier ? Le Conseil municipal était-il réceptif ?
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Il n’y a pas eu de réticence, le vote en faveur de cette place a même été à l’unanimité. Je souligne néanmoins un petit bémol. Un opposant a proposé d’inaugurer une rue Georges Ibrahim Abdallah. On parle tout de même d’un terroriste propalestinien qui a été condamné pour l’assassinat de cinq personnes. Cela m’a surpris. Profiter de ce moment de cohésion autour de Boualem Sansal pour essayer de mettre la lumière sur Abdallah ne pouvait être que du ressort d’un Insoumis.
Qui sera présent à la cérémonie d’inauguration ?
Seront présents l’ancien ambassadeur de France en Algérie Xavier Driencourt ainsi que le caricaturiste et dessinateur de presse Ghilas Aïnouche.
« Son emprisonnement est également une occasion pour les Français de constater comment la France ploie devant le régime algérien »
Quel symbole ou message voulez-vous transmettre avec cette place ?
Tout d’abord, nous avons choisi d’inaugurer la place Boualem Sansal le 16, afin de marquer le triste anniversaire des sept mois d’emprisonnement de l’écrivain. Il est enfermé dans les geôles uniquement pour s’être exprimé sur le régime algérien, sur son islamisation, sa corruption et sur un aspect dictatorial qui ne cesse de s’aggraver. Il n’y a absolument rien à lui reprocher. Sans parler du fait qu’il est souffrant. Enfermer Boualem Sansal, c’est enfermer la liberté d’expression. Son emprisonnement est également une occasion pour les Français de constater comment la France ploie devant le régime algérien, et ce depuis des décennies.
Si Emmanuel Macron n’a pas tardé à réagir après l’interception du navire à bord duquel se trouvait Rima Hassan, de nombreux internautes pointent à l’inverse son manque d’engagement public en faveur de Boualem Sansal. Qu’en pensez-vous ? Comment jugez-vous l’action du président de la République ?
L’action du président de la République est très mauvaise. Heureusement que le gouvernement est doté de Bruno Retailleau, qui a montré de la fermeté sur le sujet dès le départ malgré ses moyens limités. Je suis connu pour être un anti-macroniste chronique. J’ai tout de suite compris son état d’esprit lorsqu’alors candidat en 2017, il a déclaré que la colonisation avait été un crime contre l’humanité. Il n’a eu de cesse depuis d’être dans la repentance, dans l’autoflagellation. Emmanuel Macron n’use jamais de fermeté à l’égard de ce pays. Idem pour le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui ne cesse de se coucher devant l’Algérie. On nous explique que la diplomatie travaille dans la discrétion. En attendant, cela fait sept mois que notre compatriote Boualem Sansal est enfermé. Je refuse de rester passif à regarder et attendre.
Aimeriez-vous que d’autres élus vous imitent ?
Ce serait formidable que d’autres collectivités montrent le soutien de la nation française face au drame que vit Boualem Sansal. Donner son nom à une place c’est une manière de dire : la nation, les Français pensent à vous et soutiennent une liberté fondamentale, celle de s’exprimer. Je le répète, il est un compatriote, Boualem Sansal est français.
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