
L’équilibre déjà fragile du Moyen-Orient a basculé cette nuit. Israël a mené entre jeudi et vendredi 13 juin une série de frappes d’envergure contre des installations nucléaires et militaires iraniennes, tuant plusieurs hauts responsables de la République islamique. Baptisée « Lion dressé », cette opération a pour mission de neutraliser le « programme de missiles balistiques » de l’Iran, accusé d’être proche du « point de non-retour » vers la bombe atomique.
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Le ministre de la Défense de l’État hébreu, Israël Katz, a décrété l’état d’urgence dans tout le pays, anticipant une « attaque de missiles et de drones ». À raison – Téhéran, qui a promis une riposte « sévère et regrettable », a d’ores et déjà envoyé une centaine de drones sur le territoire israélien, relate l’AFP.
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Les conséquences humaines et politiques de cette offensive israélienne sont lourdes : le général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, a été tué, aux côtés du général Gholam Ali Rachid et du chef d’état-major iranien Mohammed Bagheri, selon la télévision d’État. Six scientifiques du nucléaire ont également péri. Et au moins 50 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été blessées selon les médias officiels iraniens.
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Un climat explosif
Au centre du pays, le site d’enrichissement d’uranium de Natanz, a été visé « plusieurs fois », toujours selon la télévision d’État iranienne, qui a diffusé des images d’une épaisse fumée noire s’élevant de l’installation. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé avoir constaté des frappes, et a dit suivre « de près la situation profondément préoccupante en Iran ».
Des « dizaines » de frappes ont ciblé aussi trois sites militaires dans le nord-ouest du pays, selon des sources militaires israéliennes. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a affirmé que cette opération déjà « couronnée de succès » durerait « autant de jours que nécessaire ».
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Dans un communiqué diffusé ce vendredi matin, les Gardiens de la Révolution ont averti : « Ces attaques ne resteront pas sans réponse et (Israël) doit s’attendre à une vengeance sévère et regrettable. » Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis à Israël un sort « amer et douloureux », dénonçant un acte de « guerre directe ». Le ministère iranien des Affaires étrangères a de son côté affirmé avoir le « droit légitime » de répondre.
« L’Iran ne peut pas avoir la bombe nucléaire »
Au cœur du bras de fer ? L’enrichissement de l’uranium. L’Iran, qui ne reconnaît pas Israël, est accusé par les Occidentaux et l’État hébreu de chercher à se doter de l’arme nucléaire — ce que Téhéran dément, affirmant que son programme est à usage civil.
Jeudi, l’AIEA a adopté une résolution dénonçant le « non-respect » des obligations iraniennes, ce à quoi Téhéran a répondu en annonçant vouloir construire un nouveau site d’enrichissement et augmenter « de manière significative » sa production. Pour Israël, cette capacité représente une menace existentielle. Pour l’Iran, ce droit à enrichir est « non négociable ».
« L’Iran ne peut pas avoir la bombe nucléaire », a martelé le président américain Donald Trump, qui a admis avoir été prévenu à l’avance des frappes par l’État hébreu. Interrogé sur Fox News, il a dit « espérer un retour à la table des négociations », sans exclure une nouvelle escalade. Oman, qui devait accueillir dimanche un sixième cycle de négociations sur le nucléaire iranien, a dénoncé une « escalade dangereuse ».
Alors que tout semble en suspens après cette nuit d’affrontements, un responsable américain a toutefois affirmé que la réunion était « toujours à l’ordre du jour ». Ce matin, les pilotes israéliens survolaient encore l’Iran, a fait savoir Tsahal. L’ONU a appelé à « la retenue maximale ».
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