
Les martyrs ne sont pas toujours ceux qu’on montre. Les vrais tombent dans le silence, les autres s’inventent en direct. Alors que la guerre menace de s’étendre du Liban à l’Iran, alors que des familles israéliennes pleurent encore leurs morts du 7 octobre et attendent le retour des otages, alors que des civils vivent sous la terreur du Hamas à Gaza ou sous celle des mollahs à Téhéran, la France, elle, déroule le tapis rouge à une députée qui fait son show.
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Rima Hassan est de retour à Paris. Ni blessée. Ni détenue. Ni persécutée. Juste renvoyée chez elle après avoir tenté de forcer un blocus. Mais ici, on l’accueille comme si elle revenait de l’enfer. Deux mots suffisent à vendre la fable : martyre politique.
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Et pourtant, que s’est-il passé ? RIEN ! Une eurodéputée a participé à une opération militante en eaux contrôlées. Elle a été interceptée, traitée avec courtoisie, puis renvoyée chez elle comme n’importe quel activiste en infraction. Suffisant, chez les insoumis, pour bâtir une épopée.
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Mais ce n’est pas la première fois que Rima Hassan préfère le geste symbolique à l’action politique : on se souvient de son refus de soutenir Boualem Sansal, emprisonné par l’Algérie.
Rima Hassan n’est pas seule à jouer. Derrière elle, toute la troupe de La France insoumise s’est mobilisée pour écrire, en urgence, le scénario d’une martyre. Ils ont fait du bruit, transformé une opération militante en campagne TikTok, saturé les boîtes mail du Quai d’Orsay. Plus de 40 000 messages envoyés, comme si la diplomatie française devait désormais se plier aux codes de l’activisme d’extrême gauche.
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Et puis vient le final. Jean-Luc Mélenchon, fidèle à lui-même, lâche sa réplique : « Sa personne est sacrée. La République, c’est elle. » On croit d’abord à une provocation. Puis on comprend qu’il y croit.
Mélenchon érige Rima Hassan en héroïne nationale, fusion improbable entre Jean Moulin, Simone Veil et une égérie Instagram
En une phrase, il érige Rima Hassan en héroïne nationale, fusion improbable entre Jean Moulin, Simone Veil et une égérie Instagram. On attend la médaille, la Légion d’honneur. On prépare la place. La Panthéonisation. Elle trônera bientôt place de la République, entre un drapeau palestinien et deux bougies fondues.
Dans ce théâtre de l’absurde, les mots ne servent plus à dire le réel mais à l’effacer. LFI ne fait plus de politique. Elle fait du spectacle.
Et pendant que le petit théâtre insoumis tourne à plein régime, les vrais martyrs tombent sans lumière, sans récit, sans cérémonie. Ils ne réclament pas de caméra. Ils n’ont pas de slogan sur un tote bag.
En Israël, des familles pleurent encore leurs enfants brûlés vifs le 7 octobre. D’autres comptent les jours, les nuits, les semaines, dans l’attente d’un otage qu’on ne reverra peut-être jamais.
À Gaza, des civils vivent sous la terreur du Hamas, pris en otage par un groupe terroriste qui les instrumentalise.
À Kaboul, des lycéennes sont assassinées pour avoir tenté d’aller à l’école. Leur seul crime : vouloir apprendre.
En Chine, des millions de Ouïghours vivent sous surveillance permanente, subissent des tortures et des stérilisations forcées.
Au Nigeria, des chrétiens sont massacrés dans l’indifférence, des jeunes filles enlevées par Boko Haram ou d’autres milices islamistes.
Et en Iran, des femmes montent sur une chaise pour la dernière fois, une corde au cou, parce qu’un juge a décidé que quelques mèches de cheveux menaçaient l’ordre divin.
Pas un mot non plus pour les martyrs français de l’ensauvagement. Rima Hassan a-t-elle eu un mot pour les proches de Mélanie ? Pour la mère d’Elias ? Celle de Lola ? Pour le père de Benoît, ou celui de Matisse ? Pour les parents de Thomas ou d’Adrien ? Rien. Silence complet. Ces victimes n’entrent pas dans son champ de vision. Elles dérangent. Elles troublent le récit. Elles rappellent une autre réalité, moins confortable à défendre.
Alors non, il n’y a ni grandeur à s’inventer victime, ni courage à se faire acclamer pour un danger qu’on n’a jamais affronté. Il n’y a que du confort grimé en héroïsme. Et il y a quelque chose d’indécent – non, d’obscène – à se faire applaudir pour avoir mimé la souffrance, pendant que d’autres tombent vraiment, dans l’indifférence.
Rima Hassan a franchi un cap : celui où la politique devient spectacle, où la cause devient costume, et où l’imposture devient stratégie. Il faudrait un mot pour ça. Ce n’est pas de la résistance. Ce n’est pas du militantisme. Ce n’est même plus de la politique. C’est une tragédie en toc, un théâtre sans vérité. Et ce théâtre-là, en plus d’insulter l’intelligence, piétine la mémoire des morts.
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