C’est un dimanche d’élection présidentielle et le JDD rappelle, dans son éditorial, que voter est plus que jamais une affaire de conscience et de dignité. Lisons : « Les électeurs qui ne trouveraient pas nécessaire de voter aujourd’hui, soit par négligence, soit par paresse, soit par refus de sacrifier dix minutes de partie de campagne ou de pêche à la ligne, soit aussi par crainte, doivent savoir qu’ils seront automatiquement annexés par l’extrême gauche et que celle-ci se réclamera d’eux pour tenter de contester l’autorité du nouveau chef de l’État et de son gouvernement. »
C’était une autre époque, un autre monde, une autre France. Et cette France, Georges Pompidou en était alors l’incarnation. Des sourcils sauvages, un regard pénétrant, un sourire perspicace, teinté d’humour, une voix chaude, grave et rauque, une silhouette à la fois élégante et puissante, il a été le Premier ministre ayant le plus souvent exercé sous la Ve République, d’avril 1962 à juillet 1968.
Grâce à son action pendant la crise de Mai 68, il apparut très vite comme le successeur naturel de De Gaulle. Quand le Général a démissionné, Pompidou avait déjà annoncé sa candidature, en janvier 1969. Chirac dit ceci à son propos : « L’homme donne l’impression d’être secret et rusé, et sans doute l’est-il. Mais ce sont surtout son intelligence, sa culture et sa compétence qui lui confèrent une autorité naturelle et incontestable. »
Qui pour battre Pompidou ? Tous les sondages le placent en tête et largement. Au premier tour, le 1er juin, Pompidou, avec 44,66 % des voix, a devancé Alain Poher, le président du Sénat (23,30 %), Jacques Duclos (21,27 %), Gaston Defferre (5, 01 %), Michel Rocard (3,61 %), Louis Ducatel (1,26 %) et encore Alain Krivine (1,05 %).
Quand Pompidou meurt, le 2 avril 1974, il est à 55 % de popularité
Le scrutin décisif pour l’Élysée au soir de ce dimanche 15 juin 1969 sera sans surprise. Avec plus de 58 % des voix, Georges Pompidou sera élu président de la République, son adversaire direct, Alain Poher, ne tardant pas à lui envoyer un télégramme de félicitations. Il demeurera très exactement quatre ans, neuf mois et treize jours au pouvoir avant d’être emporté par un cancer, la maladie de Waldenström. Avec lui, qui ne considérait pas le parti gaulliste comme un parti traditionnel mais tel un rassemblement, la France se modernisera, la croissance battra des records et le chômage restera résiduel avec moins de 400 000 chômeurs en 1970.
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Peut-être fantasmons-nous le passé, il n’empêche que sa présidence sera rassurante par son propre personnage, sa bonhomie, son ouverture, la vie simple qu’il menait, sa proximité avec les Français. Quand il meurt, le 2 avril 1974, il est à 55 % de popularité. Pompidou ou le mythe des années bonheur. Pas plus, ni moins qu’un Français parmi d’autres.
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