
Il est arrivé au théâtre Marigny sans que personne dans la rue ne le reconnaisse. Et pourtant, le Montpelliérain de naissance, Varois de cœur, est un géant du handball. Pas seulement parce qu’il mesure près de deux mètres. Il est tout simplement le meilleur marqueur de l’histoire du championnat de France, considéré comme le plus difficile du monde avec la Bundesliga allemande et la Liga espagnole. Le solide gaillard (poids de forme : 92 kilos) a inscrit la bagatelle de 2 642 buts en 502 matchs ! Avec une prédilection pour les penalties. Soit une moyenne hallucinante de 5,26 buts par rencontre et un taux de réussite au tir supérieur à 75 %.
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Mardi dernier, le célèbre théâtre de l’avenue des Champs-Élysées a accueilli les Trophées 2025 de la Ligue nationale (LNH). Ouverte pour la première fois au grand public, la soirée a consacré le Nantais Thibaud Briet, élu meilleur joueur de la saison 2024-2025. Mais l’invité d’honneur, aux côtés de la star Nikola Karabatic, c’était bien Raphaël Caucheteux. « Niko, j’ai évolué avec lui au centre de formation de Montpellier », se remémore celui qui a fêté le 9 mai ses 40 ans et disputé l’ultime rencontre de sa longue carrière il y a huit jours face à Nîmes (victoire 31-28), trouvant trois fois les filets adverses.
« J’étais stressé pour la 2500e, la salle était en feu »
Malice du destin, son premier but chez les professionnels a été inscrit sous les couleurs héraultaises contre Saint-Raphaël, qu’il allait ensuite rejoindre pendant dix-huit ans : « En 2007, le club était en D2, on a monté toutes les étapes jusqu’à arriver à cette finale de Coupe d’Europe en 2018 [défaite 28-25 face à Berlin en finale de l’EHF Cup, NDLR]. » S’il avoue ne pas se souvenir de sa millième marque (contre Sélestat en mars 2015), la 2 000e en mai 2021 est encore fraîche : « C’était à la maison contre Tremblay face à Patrice Annonay qui est un ami, et ça me faisait plaisir de marquer contre lui. »
Et la 2 500e ? « Toujours à domicile [en octobre dernier, contre Cesson Rennes]. J’étais un peu stressé parce que tout le monde l’attendait. Je rate les deux premiers tirs avant d’obtenir un penalty. Le public a hurlé, la salle était en feu ! »
S’il détient le record de buts en championnat (reléguant à près de 600 unités son dauphin, le Nantais Valero Rivera, 40 ans également), son parcours en équipe de France, barré par une rude concurrence au poste d’ailier gauche et des choix tranchants de Claude Onesta, se résume à vingt rencontres internationales sous la houlette de Didier Dinart.
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À l’époque, il était devenu le joueur le plus âgé (32 ans) à découvrir les Bleus. De cette courte aventure, il reviendra avec une médaille de bronze européenne autour du cou. « C’est vrai, concède-t-il, c’est assez atypique que le meilleur buteur de l’histoire de son championnat n’ait pas beaucoup joué en équipe nationale. » De quoi ressentir de la frustration ? « Il y en a eu, oui. Mais je pense que j’ai eu une belle carrière. J’ai amené le club au plus haut et je suis arrivé à toucher le Graal avec le maillot bleu. Avec le recul, je suis heureux de ce que j’ai fait. »
Son avenir est déjà tout tracé : après la validation d’un diplôme, il prendra la direction du centre de formation de Saint-Raphaël et transmettra ses secrets aux apprentis Caucheteux.
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