
Constellé de satellites utilisés au quotidien pour assurer le bon fonctionnement de nos sociétés ultra-connectées, l’espace revêt un enjeu crucial pour l’armée. Grâce aux satellites stationnés en orbite, celle-ci surveille, se renseigne et peut, grâce aux informations collectées depuis le ciel, mener au mieux ses opérations.
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« Un combat à distance, comme on le fait avec des drones »
À l’ère des télécommunications, l’espace est devenu, plus que jamais, « un démultiplicateur de force pour les opérations militaires. Toutes leurs composantes (terre, mer, air, cyber…) utilisent des moyens de renseignement, de communication, de géolocalisation, de navigation ou de synchronisation reposant sur des capacités spatiales », avance le colonel Pierre, commandant du J Espaceau Centre de planification et de conduite des opérations(CPCO) de l’État-major des armées (EMA). Pour lui, « nul doute que, dans l’éventualité d’un affrontement, un adversaire cherchera à réduire notre potentiel spatial pour prendre l’avantage. »
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Des satellites disponibles plus rapidement
Depuis la stratégie spatiale de défense de 2019, la France prépare ses forces « à un possible conflit qui concernerait l’espace », explique le général Philippe Adam, dans un entretien au Figaro paru le 16 juin. Mais pour le commandant de l’espace au sein de l’armée de l’air, il faut cependant « aller plus vite ». La « priorité est de continuer à nous assurer que nos opérateurs, qui vont conduire le combat spatial à partir du sol, soient prêts à se battre ». « Un combat à distance, comme on le fait avec des drones »,précise le haut gradé de l’armée française.
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Pour être en mesure d’agir, les opérateurs de l’armée française s’appuient sur une combinaison de moyens patrimoniaux et militaires. Ils sont également dépendants des services fournis par « des partenaires étrangers » (américains essentiellement) et « commerciaux ». Une synergie matérielle et informationnelle qui, aux yeux du général Adam, doit être à tout prix renforcée, car seule la coopération commerciale et militaire « assurera (à la France) plus de résilience ».
L’objectif de cette nouvelle série de contrats que le commandant de l’espace français appelle de ses vœux : que la France ait à sa disposition des « satellites moins chers et disponibles plus rapidement », pour élargir son nombre d’images optiques, de radars et d’autres capteurs. « Nous avons besoin d’un maximum de sources d’observation », conclut le général, insistant sur la multiplication des manœuvres suspectes ou hostiles dans l’espace, venues de la part de pays concurrents comme la Russie, la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord qui, ensemble, coopèrent dans cet espace éminemment stratégique.
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Maintenir une supériorité dans l’espace
Maîtriser l’espace et les manœuvres opérées dans celui-ci est une autre visée de l’armée française. « Il est indispensable d’en avoir la maîtrise pour avoir un effet maximal au profit des opérations et du maintien d’une supériorité dans l’espace », confesse le général. Pour ce faire, la France a lancé deux programmes spatiaux expérimentaux : Yoda (Yeux en Orbite pour un Démonstrateur Agile) pour l’orbite géostationnaire, et Toutatis (Test en Orbite d’Utilisation de Techniques d’Action contre les Tentatives d’ingérences Spatiales) pour l’orbite basse. Deux patrouilleurs spatiaux, dont la mission est de protéger les satellites français, devenus vulnérables depuis les progrès militaires obtenus en lancement balistique, en lancement et en méthode de brouillage. Même si ces programmes permettent de simuler énormément de choses et d’obtenir des renseignements, le général Adam admet cependant leur manque d’opérabilité : « cela reste pour l’instant théorique, notionnel et conceptuel ».
Plus récemment, la France a conduit une manœuvre spatiale conjointe avec ses partenaires américains. Deux satellites militaires – un français et un américain – ont ainsi pu communiquer et opérer ensemble, renforçant l’interopérabilité entre les deux puissances alliées.
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