
Présent dans de nombreux jeux vidéo et clips de rap, le couteau papillon se distingue du traditionnel couteau de cuisine. L’objet est devenu une figure à la croisée du style et de la menace, impliqué dans de nombreux cas d’agressions ces dernières semaines.
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Qu’est-ce qu’un couteau papillon ?
Peu connu du grand public, le couteau papillon séduit par son système d’ouverture. Composé de deux manches articulés qui se referment autour d’une lame centrale, il peut être déployé d’un simple mouvement du poignet. Une fois le loquet déverrouillé, les manches pivotent en sens opposé, dévoilant la lame et formant une poignée stable.
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Ce mécanisme, conçu à l’origine pour permettre une ouverture rapide d’une seule main, explique en partie son attrait. Maniable, compact, et surtout spectaculaire une fois en mouvement, le couteau papillon est devenu un objet culte pour les amateurs de flipping, ces figures de jonglage popularisées sur les réseaux sociaux. Mais derrière l’esthétique du geste, reste un objet tranchant classé comme arme blanche.
D’où vient ce couteau ?
Bien avant l’arrivée des Espagnols, la province philippine de Batangas était un centre prospère d’échanges commerciaux avec la Chine, le Japon et l’Inde. Des vestiges archéologiques — bijoux en coquillage, poteries anciennes, médaillons à l’effigie du Bouddha — témoignent d’une civilisation avancée et ouverte. Mais au XVIe siècle, la colonisation espagnole bouleverse l’équilibre. Craignant des révoltes, les autorités interdisent aux paysans de porter leurs machettes traditionnelles, les bolo, et proscrivent les vêtements amples, susceptibles de dissimuler des armes.
Face à cette tentative de désarmement, une riposte artisanale voit le jour à Taal : le balisong, contraction de baling sungay (« corne brisée » en tagalog). Inspiré de l’éventail castillan, ce couteau pliant dissimule une lame — d’abord taillée dans la corne de buffle, puis en métal — entre deux poignées articulées.
Le couteau papillon est-il reconnu comme une arme ?
Classé comme arme blanche de catégorie D, le balisong est soumis à une réglementation stricte en France (article R311-2 du Code de la sécurité intérieure). Sa détention à domicile est autorisée, sauf interdiction préfectorale, mais son port et son transport sont interdits sans motif légitime. En clair, posséder un couteau papillon chez soi n’est pas illégal, mais le transporter dans l’espace public — même acheté légalement — peut entraîner une amende, voire des poursuites pénales. Il est en revanche illégal pour un mineur d’en détenir un.
Qu’en est-il des autres couteaux ?
Pour lutter contre la prolifération de certaines armes blanches, le Premier ministre propose d’abord d’instaurer un contrôle strict de l’âge des acheteurs en ligne, complété par une vérification de l’identité et de l’âge à la réception des colis. Au-delà de ces mesures, François Bayrou souhaite élargir la liste des armes blanches réglementées, en ciblant notamment certains modèles jugés particulièrement dangereux comme le couteau papillon.Parmi eux, les couteaux dits « zombie » composés d’une lame à double tranchant, dentelée et incurvée, sont facilement accessibles sur internet. Le gouvernement envisage de les reclasser en catégorie A, au même titre que les armes à feu, ce qui interdirait leur acquisition et détention sans autorisation spéciale. Un nouveau décret serait nécessaire pour officialiser ce changement. Cette démarche n’est pas sans précédent : au Royaume-Uni, les couteaux « zombie » ont été interdits l’an dernier, après qu’un record de 50 000 agressions à l’arme blanche a été enregistré en un an.À lire aussi
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Le Premier ministre cible aussi les couteaux à cran d’arrêt, qu’il propose de faire passer en catégorie D. Il réclame que la vente de ces armes soit soumise à une autorisation commerciale stricte. Le but : sensibiliser élèves et parents à la dangerosité de ces armes, soulignant que leur interdiction vise aussi à protéger ceux qui les portent.
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