
Les prisons françaises franchissent un seuil critique. Dans un communiqué publié ce jeudi 19 juin, le Syndicat national des directeurs pénitentiaires-CFDT (SNDP-CFDT) alerte sur un « point de rupture » dû à la surpopulation. La déclaration, adoptée lors du congrès du syndicat, sonne comme un signal d’alarme : les établissements pénitentiaires ne peuvent plus remplir leurs missions dans des conditions décentes.
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« Nous rendons aujourd’hui à la société des personnes potentiellement plus dangereuses qu’au jour de leur incarcération », déplore le syndicat. Au 1er mai, 83 681 personnes étaient détenues pour 62 570 places disponibles, soit un taux d’occupation de 133,7 %, selon les chiffres du ministère de la Justice. Le SNDP-CFDT remettra ce vendredi une motion au ministère, réclamant au garde des Sceaux « un plan d’action d’urgence ».
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Selon les directeurs pénitentiaires, les conséquences de cette saturation sont multiples et profondes. Les conditions de détention sont qualifiées « d’indignes » et la sécurité du personnel est « dangereusement » mise en péril. Les professionnels dénoncent une perte de sens de leur mission, entravée par le manque de moyens et de perspectives. « L’objectif de réinsertion des personnes détenues est durablement obéré », avertit le syndicat, qui critique également des décisions politiques jugées incohérentes.
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Les mesures proposées récemment par les ministres Gérald Darmanin et Bruno Retailleau — comme la suppression des aménagements de peine obligatoires — sont perçues comme contre-productives. Pour les directeurs, ces annonces ne font que « déplacer voire aggraver les problèmes » au lieu de les résoudre.
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