
Audacieux, et même très gonflé, le titre du JDD : « Nous, on joue l’Italie ! » Par bonheur, ce sous-titre : « Mais vous n’êtes pas obligé d’être de notre avis. » Et il s’ensuit, toujours à la une, toute une série de pronostics de vedettes tout-terrain, la plupart en faveur du Brésil emmené par l’inégalable Pelé. La finale de la 9e Coupe du monde de foot, Brésil-Italie, se tiendrait à Mexico, à partir de 18h50, heure française, et serait retransmise en direct sur la première chaîne avec des commentaires de Michel Drucker et Michel Dhrey.
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Et ce serait un enchantement pour les 110 000 spectateurs du stade Azteca, noyé de soleil, et les 700 millions de téléspectateurs qui verraient tout en couleur. Dès la 17e minute, Pelé, monté sur ressorts, passait au-dessus de la défense italienne, et si Boninsegna égalisait, c’était parce que les Brésiliens l’avaient voulu, sur une grave faute de défense de Félix et Clodoaldo. Un à un à la mi-temps.
Après ? Ce n’était plus un match mais une espèce de samba, un ballet étincelant. Gerson donnait un nouvel avantage à la sélection brésilienne ; puis c’était Jairzinho, profitant d’une passe de Pelé qui mettait Albertini au supplice. Le plus beau, le plus accompli restait à venir avec un service royal de Pelé pour son capitaine Carlos Alberto. D’un coup de canon du pied droit, celui-ci catapultait le ballon dans le but italien.
Quatre buts à un. L’Italie, à bout d’arguments, n’avait pu que se défendre et subir la loi du très, très fort. Y a-t-il eu dans la belle histoire, plus conquérante, plus complète, plus joyeuse que cette équipe du Brésil 1970 ? Ceux qui aiment le football et qui ont de la bouteille, j’en suis, sont persuadés que non.
Soulevé de terre par ses équipiers magnifiques, Pelé, le roi, y allait de ses pleurs
« Brasil ! Brasil ! » chanta ce jour-là le stade Azteca, où le foot, dans toute sa splendeur, son esprit et sa joie profonde, venait de triompher.
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Soulevé de terre par ses équipiers magnifiques, Pelé, le roi, y allait de ses pleurs. Jean Eskenazi écrit : « Comme Nijinski, Pelé fait croire au surnaturel. Aucun footballeur au monde n’est capable de réaliser ce qu’il fait, tout en restant économe de ses forces. Il est plus prodigieux qu’il y a douze ans quand il remporta la première de ses trois Coupes du monde, à 17 ans et demi. Dans son cas, il ne faut plus parler de technique mais d’art. » Rideau sur une carrière de rêve et sur un jour béni, dimanche 21 juin 1970, où il faisait si beau.
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