
Le corps engourdi, des picotements dans les bras, en quelques minutes, Alexandra s’effondre sur sa copine. Tirée à la force des bras par son groupe d’amis, l’adolescente de 16 ans est hospitalisée dans un centre de l’Essonne. Elle dira aux enquêteurs avoir été piquée alors qu’elle dansait au milieu de la foule. Mais les médecins ne parviendront pas à analyser la nature de la substance qui lui a été administrée. Quant aux suspects, ils se sont évanouis dans la nature, même si un témoin assure aux policiers les avoir « coursés ».
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L’histoire d’Alexandra n’a rien d’un cas isolé. Pendant la Fête de la musique, samedi dernier, des violences ont perturbé la soirée : bagarres, agressions au couteau et… piqûres sauvages. Au moins 130 victimes, des jeunes femmes pour la plupart, rapportent avoir subi des injections par seringue de substances psychotropes. Mais à peine ouvertes, les enquêtes piétinent déjà. Un officier de police explique : « C’est simple, on n’a pas un seul rapport médical permettant d’affirmer qu’une substance en particulier a été injectée à ne serait-ce qu’une seule plaignante. »
D’après nos informations, au moins une analyse toxicologique sur une victime témoigne d’une prise de GHB, une drogue de synthèse qui provoque la somnolence… Mais impossible d’affirmer que la substance a été administrée par une seringue, d’autant que, dans l’immense majorité des cas, le GHB se consomme par voie orale.
« L’absence de preuve ne signifie pas l’absence de faits »
Quant aux suspects interpellés – plusieurs dizaines –, tous ont été relâchés après leur garde à vue, sans poursuites judiciaires. « La plupart des hommes qu’on a chopés ont été dénoncés, soit par des témoins soit par les victimes elles-mêmes, mais aucun élément de preuve ne nous a permis de prolonger les gardes à vue et aucune comparution immédiate n’a eu lieu », poursuit notre policier. Le mystère est réel.
Véritable phénomène ou paranoïa généralisée ? Certains évoquent le rôle des réseaux sociaux. La veille des célébrations, de nombreuses vidéos ont en effet circulé sur Snapchat et TikTok, alertant sur des « gangs de piqueurs » s’apprêtant à sévir… tandis que d’autres appelaient à le faire !
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Une viralité entretenue par des influenceurs peu scrupuleux, comme Amine Mojito, qui cumule des centaines de milliers d’abonnés et qui s’est amusé à effrayer des passants en les piquant avec une fausse seringue… Banni de TikTok, l’influenceur a été placé en détention provisoire avant son jugement en septembre.
Les investigations se poursuivent. Contactés, plusieurs parquets régionaux confirment l’absence de poursuites judiciaires. Mais une source proche des dossiers nuance : « L’absence de preuve ne signifie pas l’absence de faits. Certaines substances qui auraient pu être administrée disparaissent du corps au bout d’une heure. Par ailleurs, le tabac, l’alcool ou la déshydratation et l’hypertranspiration causées par les fortes chaleurs ont pu biaiser les analyses médicales. » Les semaines à venir éclairciront la réalité d’un phénomène difficile à appréhender, qui se répète d’année en année.
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