Rachida Dati, qui ne ménage pas sa peine pour défendre sa grande réforme de l’audiovisuel public, estime qu’il est devenu « un club de CSP+ ». En d’autres termes, le service public serait devenu trop élitiste. Ni les « jeunes », ni les « classes populaires » ne s’y retrouveraient, selon la ministre de la Culture. Pas davantage les Français, serait-on tenté d’ajouter sans crainte d’être démenti.
Et c’est bien là le nœud du problème. D’autant plus que ce sont les contribuables qui financent l’audiovisuel public. En 2025, son budget n’a jamais été aussi pharaonique. Il atteint les 4 milliards d’euros. Un record. Passons sur les doublons permanents, les dépenses somptuaires pour délocaliser certaines émissions comme « C à vous » à Cannes. Personne n’y trouverait rien à redire si cet argent n’était celui des Français, si le seul budget de France Télévisions ne culminait pas cette année à 2,7 milliards d’euros, quand celui de Radio France était de 700 millions d’euros.
Mais la question budgétaire, pour importante qu’elle soit déjà, n’est rien en comparaison de l’absence de pluralisme de ce service public et des orientations politiques, sinon idéologiques, que l’audiovisuel public prend. Tous les Français devraient pouvoir se reconnaître dans l’offre de l’audiovisuel public. Il n’en est malheureusement rien. C’est d’ailleurs assumé par ses dirigeants. Auditionnée à l’Assemblée nationale en juillet 2023, Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, admettait « représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit ». Ce faisant, elle confessait tordre la réalité pour se conformer aux désirs qu’elle projette pour le pays.
Une petite élite germanopratine fait la pluie et le beau temps
Adèle Van Reeth, la directrice de France Inter, ne dit pas autre chose lorsqu’elle défend l’orientation de sa station. « Les faits, c’est que nous sommes une radio progressiste, et nous l’assumons », confiait-elle au Figaro en mars 2024. La France qui fume des clopes et roule au diesel n’a qu’un seul droit : celui d’être moquée et caricaturée par une petite élite germanopratine qui fait la pluie et le beau temps sur les ondes publiques et impose une unité de vue.
Comment s’étonner dès lors que Patrick Cohen, l’une des têtes d’affiche les plus omniprésentes de l’audiovisuel public, dans une chronique qui allait faire grand bruit, ait pu juger, au lendemain de la mort de Thomas, que ses assassins s’étaient rendus dans le bal du village de Crépol « pour s’amuser, pour draguer des filles », dans une réécriture du drame qui alla jusqu’à émouvoir l’Arcom. Le gendarme de l’audiovisuel lui adressa un rappel à l’ordre. L’éditorialiste star de France Inter et de « C à vous » devait pourtant encore récidiver plus récemment, provoquant la colère de la maman du jeune Elias, assassiné à coups de machette par deux adolescents de 16 et 17 ans connus des services de police qui faisaient l’objet d’une interdiction de se fréquenter. Sur CNews, sa maman dénonçait « une manipulation de l’information ».
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Biais idéologiques, partis pris politiques, agendas partisans, « militantisme sur fonds publics », accusera même Jordan Bardella… Certains journalistes du service public ne s’embarrassent pas avec la neutralité qui devrait être la leur. Dans le viseur du président du Rassemblement national, des émissions comme « Complément d’enquête » ou « Cash investigation » qui sont autant de procès à charge contre son parti et ses soutiens, et que France Télévisions programme et diffuse en pleine campagne électorale. À la manœuvre, Élise Lucet, qui ne cache pas son aversion pour le RN. Ces partis pris ne concernent malheureusement pas que la politique. Le niveau de l’école publique a chuté de manière tragique, mais l’audiovisuel public traque l’excellence du privé. Toujours les mêmes cibles, les mêmes combats. À sens unique.
À l’inverse, certains partis – curieusement de gauche – bénéficient de traitements de faveur, quand ce ne sont pas des complicités au sein même des rédactions du service public. Le Canard enchaîné révélait ainsi qu’une taupe au sein de la rédaction de France Inter avait transmis à Jean-Luc Mélenchon le PDF du livre La Meute avant sa parution afin que le patron des Insoumis puisse préparer sa défense et tenter de parer les coups de cette enquête accablante…
S’il serait injuste de faire des 16 000 salariés de l’audiovisuel public, dont beaucoup travaillent le plus honnêtement du monde et produisent des émissions d’une étonnante qualité, une armée de gauchistes militants, reste que prospère un progressisme d’atmosphère quand ce n’est pas davantage. Un exemple ? La direction de France Info TV a été contrainte dernièrement de suspendre un journaliste et de présenter ses excuses après la diffusion d’un bandeau qualifiant des prisonniers palestiniens d’« otages ». Le pire, c’est que cette décision a suscité l’émoi des journalistes de la rédaction. Ultime signe d’un audiovisuel public en perdition idéologique.
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