
Après des années d’atermoiements, la réforme de l’audiovisuel public arrive ce lundi 30 juin dans l’hémicycle. Un texte dont l’avenir pourrait bien dépendre du groupe frontiste. Objectif affiché de la création de la future holding : renforcer la cohérence et la puissance du service public audiovisuel, à l’heure où 62 % des Français s’informent via les réseaux sociaux, selon les données avancées par la co-rapporteur Virginie Duby-Muller. « Il s’agit de s’adapter aux usages, sans remettre en cause l’indépendance des rédactions », assure la députée DR, rejetant les accusations de « plan social caché » portées par plusieurs syndicats.
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Un vieux débat relancé, mais toujours clivant. À gauche, la réforme est jugée dangereuse pour la pluralité de l’information. Inquiet d’une concentration accrue du pouvoir exécutif sur l’audiovisuel public, le socialiste Emmanuel Grégoire dénonce une « monstruosité juridique ». Même si, en coulisses, certains de ses collègues reconnaissent que le statu quo fragilise ces médias face à la concurrence des plateformes privées et au désintérêt des plus jeunes. Ce qui ne les empêchera pas de voter contre cette réforme dans un réflexe d’opposition.
Le RN, pas fondamentalement hostile au projet de Rachida Dati
Si le texte a franchi l’étape de la Commission le 18 juin, l’examen en séance s’annonce plus périlleux. La ministre de la Culture redoute une obstruction parlementaire. Près de 950 amendements ont déjà été déposés, auxquels pourraient s’ajouter de possibles sous-amendements de dernière minute. Pour ce proche de Rachida Dati, l’issue du texte dépend essentiellement de l’attitude du RN.
Le parti de Marine Le Pen, qui s’est abstenu en Commission, cultive l’ambiguïté. Ancien journaliste, le député RN Philippe Ballard évoque des échanges « constructifs » avec Rachida Dati, tout en rappelant ses lignes rouges : maintien du plafond des recettes publicitaires et vigilance sur la nomination du futur patron de France Médias. « Si c’est pour se retrouver avec Delphine Ernotte, non merci ! » prévient-il.
Si le RN ne se montre pas fondamentalement hostile au projet, il n’en fait pas une priorité : « Au fond, on s’en fout un peu de ce texte, ce n’est pas notre projet. Notre seule préoccupation est de contrer les dingueries de LFI et du PS », glisse Ballard, qui rappelle que le projet du RN à long terme demeure la privatisation partielle de l’audiovisuel public. Face à ces incertitudes, le gouvernement peut compter sur le soutien du socle présidentiel et d’une partie de la droite. « Si les équilibres restent ceux de la Commission, ça passe », veut croire le co-rapporteur Jérémie Patrier-Leitus.
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