
Mardi soir, au Sommet des Libertés, un large public de militants du RN et de l’UDR, de soutiens de Reconquête, de partisans de Marion Maréchal, de Nicolas Dupont-Aignan ou encore des Républicains, était rassemblé. Tous assis côte à côte, écoutant les mêmes discours. Il y avait bien sûr des nuances, des silences, des approbations variables. Mais un désir commun émergeait, celui de rompre avec la fragmentation de la droite en multiples chapelles. Et dans les conversations de couloir, un mot revenait en boucle : union.
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« Les étiquettes, on s’en fout. Ce qu’on veut, c’est gagner »
Ce que les militants ressentent, les chiffres le confirment. D’après un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD auprès de 715 sympathisants de droite (UDI, LR, DLF, UDR, Les Patriotes, RN, Reconquête), sur un échantillon de 2 000 Français, 74 % souhaitent une alliance des droites. Un quart seulement s’y oppose. Le reste (1 %) ne se prononce pas. L’idée, longtemps repoussée, est aujourd’hui considérée comme un chemin programmatique cohérent, voire nécessaire.
Derrière le chiffre global, le détail mérite décryptage. Chez Reconquête, l’union est plébiscitée : 95 % de « oui ». Au RN, 78 % des sympathisants y sont favorables. Même chez les Républicains, 68 % de l’électorat est prêt à franchir le Rubicon. Les réticents sont désormais largement minoritaires. Quant aux sympathisants de la droite dite « classique », ils sont 61 % à plaider pour l’union des familles. Le peuple de droite a tranché, devançant ainsi les prévenances des partis, pour certains encore frileux.
Au risque sans doute d’un malentendu – d’une désaffection ? – entre la base et les états-majors. Tandis que certains barons républicains répètent en boucle leur refus de tout rapprochement avec le RN ou Reconquête – par stratégie, par principe, ou par peur de perdre leur siège –, les électeurs, eux, ne s’embarrassent plus de ces calculs. « Les étiquettes, on s’en fout. Ce qu’on veut, c’est gagner », lâche un militant LR venu écouter Jordan Bardella mardi soir.
Un sondage qui résonne comme un rappel d’urgence aux oreilles des partis, toujours travaillés par les divergences programmatiques, les histoires partisanes, les cultures politiques distinctes. À l’approche de l’échéance de 2027, le sujet s’impose fortement dans le débat. Et la possibilité de la victoire – couplée à la pression du peuple de droite – pourrait logiquement finir par faire tomber les dernières digues.

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