
Plusieurs dizaines d’individus sont dans le collimateur des autorités. Les différents services de renseignement surveillent des activistes pro-Iran et proches de la mouvance islamiste chiite présents sur le territoire national, en raison de la guerre entre l’État hébreu et la République islamique d’Iran. Considérée comme alliée et soutien d’Israël, la France pourrait être le théâtre d’actions violentes de représailles. Notamment sur les centres d’intérêt israéliens et américains – consulats, ambassades… – mais aussi les lieux de rassemblement de la communauté juive. « On pourrait aussi envisager des attaques, au moins symboliques, contre le Quai d’Orsay ou des industriels français de la défense, assure une source du renseignement intérieur, contre toutes les institutions nationales accusées de soutenir Israël. »
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Le fils du chah choisit Paris pour lancer un appel au soulèvement
Mais d’après nos informations, les services s’inquiètent en priorité d’assassinats ou d’intimidations de membres de la diaspora iranienne opposés au régime des mollahs. À Auvers-sur-Oise, en banlieue parisienne, le Conseil national de la résistance iranienne a élu domicile depuis des années. Ce groupe d’opposants, formé autour de la personne de Maryam Radjavi, une Iranienne de 71 ans accusée par certains d’être un gourou sectaire, bénéficie du soutien de plusieurs pontes de l’administration Trump. Leurs locaux sont régulièrement visés par des actes de vandalisme qui pourraient s’intensifier. Mais il existe également des monarchistes, partisans d’un retour en Iran du fils du chah, Reza Pahlavi. Et les autorités françaises ont fait la moue lorsqu’elles ont appris que l’exilé avait justement choisi Paris pour lancer son appel au soulèvement contre les mollahs.
Une inquiétude qui se nourrit d’une réalité : l’Iran aurait développé un puissant savoir-faire en matière d’hybridation avec le crime organisé dans l’exécution de contrats d’assassinats ciblés. En septembre 2024, trois suspects étaient interpellés et mis en examen à Paris, soupçonnés d’avoir projeté des assassinats de personnes juives en France et en Allemagne. Les individus étaient tous liés au trafic de stupéfiants ; mais la DGSI alertait également sur l’ombre de Téhéran, planant au-dessus de leurs têtes. Un an plus tôt, c’était Alejo Vidal Quadras, cofondateur du parti Vox, qui subissait une tentative d’assassinat à Madrid, en plein jour. Au JDD, il révélera avoir été victime d’une attaque de l’Iran, commandée à un ressortissant français lié à la mafia marocaine. L’individu a été interpellé aux Pays-Bas en juin 2024.
Au-delà de cette menace physique, les services de renseignement alertent également sur de potentielles campagnes d’ingérence iraniennes. Le cas de Shahin Hazamy, militant pro-Palestine poursuivi pour apologie du terrorisme, sert d’exemple. Ce jeune Franco-Iranien, soupçonné de prendre ses ordres depuis Téhéran, sera jugé en juillet. Mais plusieurs organismes associatifs et religieux, comme le Centre islamique chiite Al-Ghadir, à Montreuil, devraient faire l’objet d’une intense surveillance. Car si une trêve a été décidée entre Israël et l’Iran, la perspective d’un conflit gelé troquant les frappes de missiles pour des actions terroristes demeure une possibilité pour notre renseignement.
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