Le début de la transhumance des vacances d’été correspond au grand « rush » pour la plateforme du voyagiste. Que l’on veuille rejoindre le chant des cigales dans le sud ou sa famille en Bretagne, depuis plus de vingt ans, Blablacar nous transporte… et ménage les bourses ! Sur les douze derniers mois, plus de 9 millions de Français ont utilisé cette application. Pratique, moins chère, la marque vient en bonus de se lancer dans la vente de billets de train. À l’instar de SNCF Connect et Trainline, elle peut désormais proposer une véritable offre ferroviaire directement sur son site ou son application.
Après avoir fait son entrée l’an dernier sur le rail, en Espagne, via les Italiens de Iryo – le premier train premium à grande vitesse espagnol – et la Renfe (la compagnie nationale), le service de covoiturage made in France couvre maintenant environ 350 gares réparties dans tous les coins de l’Hexagone. « L’idée est de créer des offres combinées porte à porte. Les gens le faisaient déjà naturellement, mais nous allons leur faciliter la tâche. Car, dans un trajet global, il n’est pas rare qu’après un trajet en train, il manque quelques dizaines de kilomètres. Et il n’y a pas forcément une offre suffisante de transports en commun. C’est là que ça devient essentiel de conjuguer le train au covoiturage. Deux tiers de nos usagers indiquaient être plus que favorables au déploiement de cette option », explique Adrien Tahon, directeur général de l’application, présent depuis plus de dix ans dans l’entreprise.
Si le service n’en est qu’à ses débuts, il vise à devenir indispensable dans les années qui viennent. À l’image de son réseau de trajets en autocar (Blablacar Bus), depuis le rachat de Ouibus en 2019, qui dépasse aujourd’hui les 230 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Faciliter les trajets domicile-travail
Blablacar, tentaculaire en France, se déploie aussi à l’international, où son influence ne cesse de croître. « Nous sommes présents dans une vingtaine de pays. En Europe, comme en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Belgique, mais aussi et surtout au Brésil et en Inde, qui sont nos plus grands marchés avec la France », poursuit le dirigeant. Quelques chiffres : plus de 90 millions de passagers ont voyagé via Blablacar en 2023 (+ 15 % en un an) et 41 % des trajets ont été réalisés en Amérique latine et en Asie ! « Mais Blablacar reste avant tout français. Notre siège social est ici et on paie nos taxes en France, précise Adrien Tahon. Nous sommes toutefois très fiers d’avoir su si bien exporter cette belle réussite nationale. »
En France, le maillage ne cesse de s’étoffer pour répondre aux évolutions des modes de transport, à l’image de Blablacar Daily, lancée en 2021. Calquée sur le modèle initial, cette application spécifique se consacre uniquement aux trajets domicile-travail. Elle met en relation conducteurs et passagers effectuant régulièrement les mêmes itinéraires afin de mutualiser les frais. Grâce à des points de rendez-vous proposés automatiquement et à un enregistrement des horaires, l’initiative séduit plus de 7 millions de Français chaque année. « Il y a là un potentiel énorme. Les collectivités, comme les entreprises, ont l’obligation de s’y intéresser. Car, par ce biais, un trajet revient en moyenne à 2 ou 3 euros. Si on était sur du bus ou n’importe quel moyen de transport, on tournerait autour des 10 ou 20 euros », souligne Adrien Tahon. Aujourd’hui, en France, environ 175 collectivités – comme le Grand Beauvaisis ou Île-de-France mobilités – sont partenaires de Blablacar sur ce créneau… et plus de 500 entreprises encouragent activement leurs salariés à privilégier ce mode de transport.
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Économique et écologique
Avec son offre diverse et souple, Blablacar bâtit son succès sur la soif de mobilité de la jeunesse, qui n’a pas toujours les moyens de s’offrir une voiture en propre. Aujourd’hui, 74 % des trajets assurés par l’opérateur sont effectués par des moins de 30 ans. Le directeur général défend la rentabilité de son modèle économique par la monétisation des frais de mise en relation (ou frais de service), représentant de 16 % à 20 % du prix total payé par le passager dans un contexte de fort développement du service de covoiturage. Par ailleurs, la direction de la plateforme met en avant la vertu écologique de son modèle, bien qu’elle soit difficilement quantifiable. La communication officielle affirme avoir évité l’émission de 2,5 millions de tonnes de CO₂ rien qu’en 2024 et 9 millions au cours des cinq dernières années.
Reste le point de la sécurité. Récemment, la police espagnole a interpellé un jeune homme recherché pour une tentative d’assassinat commise le 3 juin dernier. Le suspect comptait quitter le pays en passant par Andorre… grâce à l’application Blablacar ! « Pratiquement impossible » d’ordinaire, s’exclame Adrien Tahon, puisque la mise en place d’un système de vérification des informations des utilisateurs et même un système de modération et de blocage des comptes en cas de comportement inapproprié permettent normalement de rouler en toute sécurité. D’autant qu’une fonctionnalité de covoiturage entre femmes (uniquement dans certains pays) conjuguée à la possibilité pour les conducteurs et passagers de refuser un trajet ont de quoi rassurer. Avec déjà 20 millions de membres en France, la plateforme rassure visiblement les usagers, en tous points.
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