
Monsieur le Président,
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La crise du logement n’est plus une tendance inquiétante : c’est une réalité brutale. Partout en France, des familles renoncent à devenir propriétaires, peinent à trouver une location ou diffèrent des travaux faute de visibilité. Les professionnels sont à l’arrêt, les élus locaux démunis, les investisseurs découragés. Et pourtant, face à cette urgence sociale, économique et territoriale, l’État semble s’être absenté.
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Le logement est devenu le grand oublié du débat national. Pas un mot fort, pas une stratégie claire, pas un engagement budgétaire à la hauteur. Alors même qu’il conditionne tout : la mobilité des actifs, l’attractivité des territoires, la justice sociale, la réussite écologique. Il ne s’agit plus de déclarations d’intention. Il s’agit d’agir. Et de redonner à la politique du logement la place stratégique qu’elle mérite dans la République.
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Partout en France, des familles renoncent à devenir propriétaires, peinent à trouver une location ou diffèrent des travaux faute de visibilité
À l’approche du projet de loi de finances pour 2026, il est encore temps de redresser la barre. Cela exige d’abord une grande loi logement, portée par le plus haut niveau de l’État, qui articule clairement production, rénovation, fiscalité et accès à la propriété. Le secteur ne peut plus fonctionner à coups de mesures techniques isolées ou de plans d’urgence successifs. Il faut une politique globale, lisible, de long terme, capable de restaurer la confiance des ménages, des élus et des investisseurs.
Cela implique également de rétablir la stabilité fiscale et réglementaire, après des années d’instabilité qui ont miné les décisions d’investissement. L’incertitude tue l’action. Il faut des règles claires, durables, qui permettent aux particuliers comme aux professionnels de s’engager en connaissance de cause. Il faut cesser de légiférer contre les propriétaires ou de stigmatiser les bailleurs : ils ne sont pas des rentiers, mais des acteurs indispensables de l’équilibre du marché.
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Il faut relancer la construction en libérant le foncier, en simplifiant les normes qui étouffent l’acte de bâtir, et en soutenant les maires bâtisseurs. Sans offre nouvelle, aucune politique du logement ne tiendra. Enfin, la trajectoire de rénovation énergétique doit être clarifiée. Les intentions sont là, mais les moyens, les outils, les délais sont encore trop flous ou inaccessibles pour bon nombre de ménages. On ne réussira pas la transition climatique sans embarquer l’ensemble du parc privé.
Monsieur le Président, vous avez récemment affirmé que l’immobilier était devenu un « système de sur-dépenses publiques pour de l’inefficacité collective », un « paradis pour les investisseurs ». Ce constat, brutal, n’est pas le reflet de notre réalité. S’il y a une inefficacité, elle vient d’abord de l’empilement des normes, du manque de constance politique, des revirements fiscaux qui ont dissuadé les bonnes volontés. Le secteur privé ne demande ni privilège ni faveur. Il demande un État stratège, fiable, qui assume son rôle.
L’inefficacité vient d’abord de l’empilement des normes, du manque de constance politique, des revirements fiscaux
L’immobilier n’est pas le problème. C’est une partie de la solution. Pour loger les Français, créer des emplois, réussir la transition écologique et faire respirer les territoires. Le temps n’est plus au diagnostic, il est à la décision.
Le sursaut est possible. Mais il suppose une impulsion claire. À vous de la donner.
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