L’essentiel
- En juin, un habitant de Seine-et-Marne s’est vu soutirer 2.100 euros par un faux conseiller bancaire. Pour le rassurer, ce dernier l’avait invité à découper sa carte bleue avant de la donner à un coursier.
- L’enquête a permis d’identifier et d’interpeller le coursier impliqué dans cette arnaque, qui sera jugé l’année prochaine.
- Le capitaine Pascal Fossé met en garde : « Aucune banque n’enverra jamais un coursier, aucun conseiller ne vous demandera vos codes et si vous êtes victime d’une opération frauduleuse, vous ne serez pas prévenu par SMS ».
Tout a commencé par un faux SMS d’alerte provenant de la banque : des opérations frauduleuses auraient été détectées sur le compte de la victime. Ce dernier est rapidement mis en relation, par visio, avec un conseiller bancaire qui lui annonce qu’un coursier va venir récupérer sa carte bleue. Par écran interposé, l’homme se veut rassurant en incitant son interlocuteur à découper sa carte. La victime se rendra compte quelques heures plus tard qu’il s’agissait, en réalité, d’une arnaque : 2.100 euros ont été prélevés de son compte.
« C’est malheureusement un scénario très classique : le faux conseiller bancaire invite sa victime à découper sa carte mais généralement la puce reste intacte et le coursier – qui est une petite main de ces réseaux – peut tirer de l’argent ou faire des achats », analyse le capitaine Pascal Fossé, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Meaux, en Seine-et-Marne, où a eu lieu cette arnaque. La plainte, déposée mi-mai, a entraîné l’ouverture d’une enquête en flagrance par le parquet.
Si ces enquêtes peinent souvent à aboutir par manque d’éléments probants, cette fois la victime a pu renseigner les enquêteurs sur le véhicule du coursier. La vidéosurveillance a ensuite permis d’identifier un homme, connu pour quelques petites infractions de droit commun, vivant dans les Hauts-de-Seine. Placé en garde à vue fin juin, il sera jugé pour escroquerie l’année prochaine.
Le « conseiller bancaire », en revanche, n’a pas été identifié. « C’est souvent très compliqué de remonter à l’échelon au-dessus des coursiers. Ce sont des réseaux structurés, souvent basés à l’étranger », poursuit Pascal Fossé. A chaque fois, le mode opératoire est le même : des SMS envoyés – via un VPN – par milliers dans l’espoir que certaines personnes, moins informées, y répondent. « Aucune banque n’enverra jamais un coursier, aucun conseiller ne vous demandera vos codes et si vous êtes victime d’une opération frauduleuse, vous ne serez pas prévenu par SMS », insiste le capitaine de gendarmerie. De même, « découper sa carte bancaire ne prémunit pas d’une arnaque. »





