On lui a dit qu’il ressemblait à Mick Hucknall, le chanteur de Simply Red. N’étant guère porté sur les études comparées en matière de physionomie, nous nous contenterons d’établir un parallèle avec les récits biographiques qui se font écho chez les deux amoureux de soul music : voilà deux enfants qui, abandonnés à la naissance par leur mère, sont parvenus à transmuer ce trauma originel en de véritables pop songs.
« La musique a été une véritable thérapie. La scène m’a permis d’expurger beaucoup de choses, quand on se démène avec de telles émotions », nous résume ce jeune trentenaire, repéré en première partie de Jean-Louis Aubert qui lui a ouvert les portes du Stade de France. « C’est comme un second père pour moi. »
La question du père, c’est tout une affaire pour ce jeune Blanc transmutant ses failles en d’impeccables pop songs baignées dans la musique noire, qu’elle se nomme funk ou gospel. Car tout a commencé là, dans les pattes d’un musicien semi-professionnel, véritable artisan de la scène punk-rock alternative caennaise, n’ayant rien trouvé de mieux pour élever son fils que de l’emmener sur les routes, faute d’avoir une mère. Les bars enfumés et les soirées d’après-concert, le garçon les a connus dès sa prime enfance. La maman, elle, faisait du bateau à l’autre bout du monde, skippeuse là où les saisons sont inversées.
« À 12 ans, j’ai intercepté une conversation téléphonique de mon père m’indiquant que ma mère était encore vivante. » Il a mis trois ans à la retrouver et a pu, grâce à Facebook, la contacter. « Elle m’a envoyé un billet d’avion pour l’Australie. Nous avions du temps à rattraper ! J’ai compris que, m’ayant eu à 18 ans, elle a paniqué à ma naissance. »
Depuis ses 7 ans, le musicien écrit des chansons. L’aventure se poursuit en Australie. C’est là que la France, Sony Music en particulier, le rattrape. En 2017, à l’âge de 23 ans, Malo’ enregistre son premier album questionnant son identité troublée sous le titre Be/Être. Cinq ans plus tard naît Origami, douze chansons comme autant de plis renvoyant à la question des rencontres et des trahisons émotionnelles.
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Texte triste, musique enlevée : l’équation est parfaitement posée à travers cette voix qui se balade de la cave au grenier chez ce chanteur à l’âme bien animée. Soudain, une chanson nous en rappelle un pan, poignante ballade sur la faille fondatrice de l’abandon : Je t’attendrai. L’élégance conviendrait à ne pas s’appesantir et c’est un duo avec Julia Stone, « Love on Demand », qui redonne goût à la vie.
Le 9 juillet au festival Les Frénésies de Riom (ville-riom.fr) et le 23 août au festival Tempus d’Erstein (tempus-erstein.fr).
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