
« Chez LFI, l’antisémitisme ne se cache plus. Il s’affiche. Il s’assume. Il se revendique. Une fois de plus, les députés LFI l’ont prouvé en votant contre une proposition de loi visant à lutter contre l’antisémitisme dans les universités. Tout simplement révoltant. » Voilà le message de Shannon Seban, élue à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), après le vote des Insoumis contre une loi destinée à combattre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.
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La proposition de loi, portée par la ministre déléguée Prisca Thevenot (Renaissance), a pourtant été définitivement adoptée mercredi au Parlement. Soutenue par la majorité, Les Républicains, le Rassemblement national et une partie de la gauche, elle instaure plusieurs mesures de lutte contre l’antisémitisme. Parmi celles-ci : la désignation obligatoire d’un référent antisémitisme et racisme dans chaque établissement, la formation des étudiants et personnels à la lutte contre les discriminations, ainsi que le renforcement des procédures disciplinaires internes.
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Ces référents auront pour mission de repérer et traiter les actes antisémites et racistes sur les campus, en lien avec les directions d’université. L’objectif est clair : garantir un environnement d’études apaisé, alors que les actes antisémites ont connu une recrudescence alarmante depuis l’attaque du Hamas contre Israël, le 7-Octobre 2023.
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Une opposition virulente à gauche
Mais certaines dispositions du texte cristallisent les tensions. En particulier la création de sections disciplinaires régionales, communes à plusieurs établissements, présidées non plus par des enseignants-chercheurs mais par des magistrats administratifs. Une mesure jugée liberticide par les opposants au texte, qui dénoncent une judiciarisation de la vie universitaire.
Les députés LFI ont été les seuls à voter unanimement contre le texte
Autre point sensible : un article du texte qui prévoit des sanctions contre les comportements « susceptibles de porter atteinte à l’ordre ou au bon fonctionnement de l’établissement ». Une formulation jugée trop floue par plusieurs élus de gauche qui craignent une répression des mobilisations étudiantes, notamment en lien avec la cause palestinienne.
Les députés LFI ont été les seuls à voter unanimement contre le texte, accompagnés de la majorité des élus écologistes, communistes et quelques socialistes. Une prise de position assumée par Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, qui dénonce une volonté de « criminaliser le militantisme étudiant sous couvert de lutte contre l’antisémitisme ».
Un vote aux répercussions politiques
Dans la majorité présidentielle, les réactions ne se sont pas fait attendre. Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a fustigé le parti mélenchoniste : « Qui peut encore s’étonner de voir LFI refuser que l’on combatte l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur ? […] LFI emporte une responsabilité historique dans l’explosion de l’antisémitisme dans notre pays. »
Les défenseurs de la loi insistent quant à eux sur l’urgence d’agir. Un sondage Ifop commandé par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) révèle que 9 étudiants juifs sur 10 disent avoir déjà été victimes de propos ou d’actes antisémites sur leur campus.
Cette loi, fruit d’une mission d’information ouverte au Sénat après une polémique à Sciences Po Paris, vise selon ses promoteurs à combler un vide juridique et organisationnel. Pour Constance Le Grip, co-rapporteure (Renaissance), « ce texte est essentiel pour assurer un climat serein dans nos universités, sans haine ni peur ».
Mais le clivage semble désormais profond. Là où certains y voient un outil de protection, d’autres dénoncent un instrument de censure. Reste que le vote de La France insoumise contre cette loi, en plein regain des actes antisémites en France, risque de laisser des traces dans le débat public — et au sein même de la gauche.
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