
C’est une image qui paraissait improbable il y a encore quelques mois : mardi 1er juillet, à Séville, Pedro Sanchez et Nadir Larbaoui se sont entretenus en marge d’un sommet des Nations unies. Une rencontre discrète mais hautement symbolique, qui marque la première reprise de contact direct entre les chefs de gouvernement espagnol et algérien depuis mars 2022, comme le souligne le média Jeune Afrique.
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À l’époque, les autorités algériennes avaient très mal vécu le revirement de Madrid sur le Sahara occidental. Le 18 mars 2022, l’Espagne rompait avec sa position traditionnellement neutre pour soutenir officiellement le plan d’autonomie proposé par le Maroc, déclenchant une crise ouverte avec Alger.
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Informé non pas par son partenaire espagnol mais par un communiqué du palais royal marocain, le président Abdelmadjid Tebboune l’aurait appris par la presse. Dans la foulée, l’ambassadeur algérien était rappelé, le traité d’amitié entre les deux pays suspendu et les relations commerciales fortement ralenties. À Alger, un diplomate n’avait pas hésité à dénoncer un« coup de poignard ».
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Après plusieurs gestes d’apaisement du côté espagnol, la situation a commencé à évoluer à la fin de l’année 2023 avec la nomination d’un nouvel ambassadeur algérien à Madrid, Abdelfetah Daghmoum. Mais c’est à l’occasion de la conférence internationale sur le financement du développement durable, tenue à Séville cette semaine, que le réchauffement s’est concrétisé.
« Renforcer les relations bilatérales »
Pedro Sanchez a en effet salué la présence de son homologue algérien et a« réitéré sa détermination à travailler ensemble pour renforcer les relations bilatérales dans divers domaines, en particulier dans la conjoncture internationale actuelle », selon un communiqué des autorités algériennes. Le Premier ministre espagnol a également transmis ses salutations au président Tebboune. Tous deux ont été reçus par le roi Felipe VI, au même titre que les autres chefs d’État présents.
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Si le sommet portait avant tout sur la question de l’aide au développement – en chute libre depuis le début de l’année –, il a permis une reprise de contact dans un cadre multilatéral, évitant ainsi une rencontre frontale. La dimension énergétique reste en filigrane : en pleine crise post-ukrainienne, l’Algérie, premier fournisseur de gaz de l’Espagne, avait menacé de suspendre son contrat avec Sonatrach, une entreprise pétrolière et gazière algérienne, numéro un du gaz en Espagne. Une arme diplomatique que ni Alger ni Madrid ne souhaitent désormais brandir.
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