
Après avoir rendu hommage au légendaire Sebastião Salgado, mort le 23 mai dernier, le musée Les Franciscaines de Deauville opère un virage à 180 degrés en invitant le tandem de choc Pierre et Gilles pour une rétrospective joyeuse et ludique autour de leur rapport à la mer. Ils déploient leur univers étincelant sur deux niveaux à travers une soixantaine d’œuvres, mettant en scène leurs portraits uniques (essentiellement des grands formats), avec un soin tout particulier apporté aux cadres (ornés de guirlandes de Noël, de dorures, de paillettes, de perles, de fleurs, de matériaux de récupération…), dans un parcours fluide et riche en surprises.
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Depuis leur rencontre en 1976, Pierre Commoy, 74 ans, photographe originaire de La Roche-sur-Yon, et Gilles Blanchard, 71 ans, peintre né à Sainte-Adresse, non loin du Havre, ont souhaité sublimer le réel en conjuguant leurs talents, en laissant vagabonder leur imagination dans leurs images très caractéristiques. Le travail à quatre mains des plasticiens s’intéresse autant aux anonymes qu’aux célébrités, qu’ils jubilent à installer dans un décor inattendu et foisonnant depuis une cinquantaine d’années.
Avec l’idée que chaque entrevue avec un nouveau modèle engendre une aventure singulière et poétique. « Jeunes, nous passions tous nos étés à la plage, l’un en Vendée et l’autre en Normandie, soulignent-ils. Le pompon rouge des bérets des marins nous faisait rêver. Comme le personnage incarné par Jacques Perrin dans Les Demoiselles de Rochefort (1967) de Jacques Demy. » La couleur de la mer change tout le temps selon ce qu’ils veulent exprimer, à la fois lieu de plaisir et de danger. « En effet, la baignade peut aussi être synonyme de noyade ou de naufrage. »
Ainsi, le duo évoque la guerre, la pollution, le sida, sous des dehors utopiques et scintillants. Et aime les reconstitutions de scènes bibliques, historiques ou mythologiques, comme Isabelle Huppert en Ophélie (2012), l’héroïne de William Shakespeare (Hamlet) gisant dans l’eau, Jean Marais en Dieu omnipotent dans La Tempête (1997) ou Nina Hagen rayonnante en Amphitrite (1989).
Tahar Rahim, Kylie Minogue et Jean-Paul Gaultier figurent aussi à leur palmarès, se fondant avec délice dans leur esthétique pop et prouvant que leurs sources d’inspiration sont inépuisables. Certaines pièces ont spécialement été créées pour l’occasion, complétant un ensemble de prêts venant de musées, de galeries et de collections particulières.
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« Pierre et Gilles, mondes marins ». Jusqu’au 4 janvier. lesfranciscaines.fr
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