Ce qui devait être un moment de joie s’est transformé en cauchemar numérique pour les parents de Zaïd, premier bébé né à Avignon en 2026. Quelques heures seulement après la publication d’un article le présentant comme le premier nouveau-né de l’année dans la ville, le nourrisson a été la cible d’une campagne de harcèlement raciste en ligne, poussant sa famille à déposer une plainte auprès des autorités.
Le 1ᵉʳ janvier, le quotidien régional La Provence a publié un portrait du bébé, détaillant sa naissance au centre hospitalier d’Avignon et expliquant la signification de son prénom. Mais sur les réseaux sociaux, l’article a rapidement attiré une vague de commentaires haineux. Des centaines de messages anonymes ont dégradé l’espace de discussion en attaquant le prénom du nourrisson et en proférant des insultes racistes, certains allant jusqu’à qualifier l’enfant de « premier migrant terroriste de 2026 » ou de « futur dealer ».
Face à cette montée de haine numérique, les parents ont décidé de porter plainte le 7 janvier pour que les auteurs des propos puissent être identifiés et poursuivis. En France, les injures racistes publiques sont passibles d’une peine d’emprisonnement et d’une amende importante.
La direction de La Provence a condamné les messages, qualifiant ces commentaires d’« intolérables, racistes et insoutenables ». Le journal a été contraint de fermer l’accès aux commentaires sous l’article et de renforcer la modération pour empêcher la diffusion de propos haineux.
L’affaire a également suscité des réactions politiques et associatives. Le député Raphaël Arnault a dénoncé des attaques « ignobles » contre un enfant, tandis que la Ligue des droits de l’homme a souligné la persistance d’un racisme décomplexé alimenté par l’anonymat et la viralité des réseaux sociaux.
Sur le terrain, certains habitants ont souhaité montrer leur solidarité envers la famille. Des affiches portant des messages d’accueil comme « Bienvenue Zaïd, Avignon est ta maison » ont été collées dans le quartier de Montfavet, rappelant que la haine n’a pas le dernier mot.
Cette affaire met en lumière la facilité avec laquelle des commentaires haineux peuvent se propager en ligne, et les défis que pose le maintien du respect et de la dignité, même pour les plus vulnérables, dans l’espace public numérique.







