Lundi, vers 3 heures du matin, une chute de sérac, un énorme bloc de glace détaché d’un glacier, s’est produite dans le secteur du Mont-Blanc du Tacul, en Haute-Savoie, provoquant la mort d’une personne et blessant quatre autres. Deux alpinistes d’origine allemande sont toujours disparus. 20 Minutes fait le point sur cet accident causé par un phénomène « de saison et imprévisible ».
Quinze personnes engagées dans l’ascension
L’accident est survenu dans la nuit de dimanche à lundi, sur la face nord du Tacul en Haute-Savoie, « à environ 4.100 mètres d’altitude », alors que 15 personnes étaient engagées dans l’ascension du Mont-Blanc par la « voie des Trois-Monts ».
Ce groupe avait quitté le refuge des Cosmiques vers 1 heure du matin. Les webcams de l’Aiguille du Midi ont capturé les cordées, avant l’accident. Dès 3h50, les secours aériens cherchaient les premières victimes.
Le Français décédé, un « passionné » de montagne
Les secours, arrivés rapidement après l’alerte, ont découvert en surface David Blot, un Français qui habitait à Perpignan, de 57 ans décédé après « un arrêt cardio-respiratoire ». D’après France Bleu, il était membre du club Sport montagne Cerdagne Capcir (SMCC). Ce Catalan était décrit comme un passionné de montagne qui sortait presque tous les week-ends. Interrogée, sa fille Émeline, a confié : « Il a toujours dit qu’il voulait mourir sur le Canigou parce que c’était sa montagne préférée. Finalement, il n’est pas mort au Canigou, il est mort au mont Blanc… »
Tous les témoignages de ses proches soulignent également à quel point David Blot était quelqu’un de « très prudent ». Comme Jacques Bompieyre, membre du SMCC, sur France Bleu, qui assure qu’il était « très pointu sur la sécurité ». « C’était quelqu’un qui était capable, en cas de danger, d’arrêter une sortie et de faire demi-tour. Il était très sérieux à ce niveau-là. »
Quatre blessés et toujours deux Allemands disparus
D’autres alpinistes ont été emportés par la chute de sérac, comme un couple d’amis de David Blot, un homme de 42 ans en réanimation souffrant d’une hémorragie cérébrale et une femme de 40 ans, blessée au niveau des poumons. Ces trois alpinistes venaient de quitter, avec lui, le refuge des cosmiques après une courte nuit.
Les deux autres blessés sont un père de famille de 58 ans et son fils de 17 ans, auxquels des « blocs de glace » ont occasionné « une fracture au niveau des cervicales » et « une fracture à une cheville », d’après le parquet.
Mercredi, les deux Allemands, âgés de 30 et 39 ans, qui avaient « passé la nuit [de dimanche à lundi] au refuge des Cosmiques, manquaient toujours « à l’appel ». Un piolet, retrouvé au bord d’une crevasse, semblait leur appartenir et laissait penser qu’ils avaient chuté au fond de celle-ci, embarqués par le bloc de glace.
Mais après enquête, l’objet est en réalité à un guide italien qui l’avait perdu quelques minutes avant que le bloc de glace ne se détache, indique Le Dauphiné Libéré. Aucun élément ne permet donc pour l’heure d’affirmer ou de réfuter que le binôme a été victime de cette avalanche.
Les recherches stoppées lundi et qui avaient repris, ont de nouveau été suspendues mardi avec la chaleur. « On ne peut pas se permettre de rechercher n’importe où, la surface est trop grande et c’est trop exposé » au risque de nouvelles chutes de blocs éventuelles, a indiqué le PGHM de Chamonix.
Les alpinistes, imprudents ?
Comme l’avait indiqué le parquet de Bonneville, « il n’y avait aucun professionnel au niveau des cordées, il s’agissait de cordées d’amateurs ». Les alpinistes ont-ils été imprudents ?
« D’après les premières informations recueillies, l’origine du déclenchement de la chute de sérac serait naturelle », a fait savoir la préfecture. « Ce n’est pas une surprise. La chute de séracs, c’est tout à fait de saison mais c’est imprévisible », abonde en ce sens le PGHM de Chamonix. « Les conditions pour grimper étaient bonnes. Ce n’est pas du tout le niveau technique des victimes de l’avalanche qui a été la cause de ce drame ou en a accentué les conséquences », a précisé cette source.




