« L’heure est venue ? » Sur le réseau social X ce lundi 3 février, Sarah Knafo a livré à une vive critique contre l’organisme public France Travail, épilogue d’une passe d’armes qui avait commencé le 19 décembre dernier. À l’époque, l’eurodéputée, invitée de Cyril Hanouna sur le plateau de Touche pas à mon poste, avait attaqué le fonctionnement de l’organisme public, qu’elle accuse d’inefficacité et de gaspillage d’argent. Le lendemain, le patron de France Travail, Thibaut Guilluy, s’était à son tour rendu sur le plateau de TPMP, rejetant les critiques portées par Sarah Knafo.
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Dans un nouveau réquisitoire, Sarah Knafo épingle donc France Travail et ses 43 milliards d’euros de budget – financé par le contribuable –, expliquant à ses lecteurs le rôle de cette plateforme. Anciennement Pôle emploi, ce service public a pour mission de veiller à indemniser les chômeurs et de les aider dans leur recherche d’emploi.
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« Dans le privé, 87 % d’échec, c’est la faillite, ou au minimum, le responsable renvoyé… Mais pas chez France Travail »
Parlant de « scandale bureaucratique », l’eurodéputée compare ainsi le chiffre de 54 000 salariés de l’organisme avec celui d’entreprises privées comme LinkedIn : « C’est avec notre argent que France Travail emploie 54 000 personnes. Soit trois fois plus que LinkedIn qui emploie 16 000 personnes dans le monde entier, […] et permet, chaque minute, à 8 personnes d’être embauchées ».
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De l’argent public dépensé en fêtes et séminaires
Pour Sarah Knafo, ce qui aggrave le cas de France Travail est son inefficacité. « Sur une année, France Travail ne permet qu’à 12,9 % des chômeurs de trouver un emploi [en 2017, NDLR]. Dans le privé, 87 % d’échec, c’est la faillite, ou au minimum, le responsable renvoyé… Mais pas chez France Travail ! », assène la femme politique, citant un rapport de la Cour des comptes selon lequel l’organisme connaît « des résultats contrastés, avec des coûts croissants ».
Sarah Knafo s’attaque ensuite au flou qui entoure les résultats de France Travail. En 2022, 4 millions de contrats ont été signés grâce à la plateforme. Un chiffre qui ne représente pas grand-chose en face des 47,3 millions de contrats signés la même année dans le secteur privé, relativise la députée européenne.
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« Le directeur général de France Travail fait la fête pour à peine 40 contrats »
« Le directeur général de France Travail fait la fête pour à peine 40 contrats. Encore de l’argent gaspillé pour fêter un service rendu minuscule », dénonce également Sarah Knafo, faisant référence à une fête organisée par France Travail afin de célébrer la signature de 40 contrats de travail. Le Canard enchaîné s’était notamment emparé du sujet de ces fêtes intempestives, révélant en 2022 que les dirigeants du service public ont organisé un « séminaire managers » au Stade de France, avec cocktail, écran géant, scène sur la pelouse… Montant de cet évènement d’une journée : 300 000 euros.
Les salaires des dirigeants de France Travail sont également pointés du doigt par l’eurodéputée. En 2009, dénonce Sarah Knafo, le salaire du directeur général de Pôle emploi s’élevait à 20 000 euros mensuels (brut), alors même que le service public se targue de ses efforts de sobriété. « On serait curieux de connaître le montant en 2025 », s’interroge la représentante du parti Reconquête.
Sous-traitance privée
Lors de son passage sur TPMP en décembre dernier, Thibaut Guilluy évoquait une convention signée avec LinkedIn « pour recruter ». Sarah Knafo, qui a creusé la question, estime que le service public France Travail utilise l’argent des contribuables pour payer des entreprises privées : « France Travail paie aussi une myriade de sous-traitants pour qu’ils exercent directement à sa place ses propres missions. Celles pour lesquelles nous rémunérons déjà 54 000 salariés ! »
La CGT s’était déjà alertée de ce système en juin 2024. « Le gouvernement détourne donc les allocations chômage pour engraisser des entreprises privées », dénonçait le syndicat. « Pourquoi est-ce si grave ? Parce que le but d’un service public est de rendre un service que le privé ne rendrait pas. Mais si le service public se met à payer le privé pour rendre ce service, c’est pire qu’un non-sens, c’est une gabegie, une double destruction de notre argent », attaque avec vigueur Sarah Knafo.
L’eurodéputée affirme enfin que Thibaut Guilluy n’a jamais accepté de débattre avec elle, ce qui l’a motivée à effectuer ces recherches. « France Travail est un exemple éclairant de la destruction de vos efforts par la bureaucratie », conclut-elle. Sa démonstration effectuée sur X a été vue plus de 700 000 fois.
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