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Projet européen de constellation de satellites : trop tard, trop lent, trop bureaucratique



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13 Fév 2025
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Projet européen de constellation de satellites : trop tard, trop lent, trop bureaucratique
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Le drapeau de l'Union européenne et de l'Agence spatiale européenne.

Le 16 décembre dernier, la Commission européenne a annoncé en grande pompe la signature du contrat de concession pour IRIS² (Infrastructure for Resilience, Interconnectivity and Security by Satellite), présenté comme le troisième fleuron de l’Union européenne après Galileo et Copernicus. Ce projet marque, selon la Commission européenne, « une avancée majeure pour la souveraineté européenne et la connectivité sécurisée ». Mais ce bel optimisme cache une réalité bien différente, et particulièrement brutale : celle d’une Europe qui s’engage, une fois de plus, dans une guerre perdue d’avance en raison de son aveuglement idéologique et de ses méthodes technocratiques.

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De fait, alors que Bruxelles peine à réunir des fonds et à coordonner ses industriels, SpaceX, Amazon et la Chine ont déjà conquis l’espace disponible dans le ciel ou sont en passe de le faire. Les chiffres sont implacables : Starlink (SpaceX) comptait déjà 6 994 satellites en orbite au 30 janvier 2025, desservant plus de cent pays, avec un objectif à terme de 12 000 satellites. Avec le projet Qianfan, la Chine vise, quant à elle, 15 000 satellites en orbite d’ici 2030 (seuls 72 le sont à ce jour). Enfin, avec le « Project Kuiper », Amazon prévoit une couverture mondiale en moins de deux ans avec ses premiers lancements début 2025 (et un objectif de plus de 3 200 engins en 2030).

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Le projet IRIS² ne prévoit pour sa part que 290 satellites d’ici 2030, pour un budget total d’environ dix milliards d’euros. Contrairement à Starlink, Kuiper ou Qianfan, qui construisent et déploient leurs propres satellites de nouvelle génération, une partie significative des satellites d’IRIS² est déjà en orbite et est la propriété de différents opérateurs européens. Ils seront simplement intégrés dans cette future constellation multi-orbitale, formant une sorte de GIE spatial.

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Selon la Commission européenne, le programme IRIS² devrait fournir d’ici 2030 des services de connectivité sécurisés à l’UE et à ses États membres ainsi qu’une connectivité à haut débit par satellite aux autorités gouvernementales, aux entreprises privées et aux citoyens européens, tout en garantissant un accès Internet à haut débit dans les zones blanches. Mais, plutôt qu’un projet industriel innovant, il s’agit davantage d’une rationalisation d’actifs dispersés. Cette approche soulève en outre des questions majeures de compatibilité technologique, d’usure et de durée de vie des satellites intégrés dans ce programme.

Le modèle économique de l’UE en matière spatiale est une caricature d’approche technocratique

Lancer un projet censé garantir une autonomie stratégique de l’Europe en 2030 avec des satellites déjà existants expose l’Europe à un risque d’obsolescence rapide face à des concurrents qui déploient des technologies de pointe. Qui peut croire que l’UE deviendra un acteur majeur dans l’Internet haut débit par satellites avec 290 appareils d’ancienne génération, face à des constellations de dernière génération qui en compteront des milliers ?

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Le modèle économique de l’UE en matière spatiale est une caricature d’approche technocratique, sans réelle vision stratégique industrielle. Le projet IRIS² est confié à SpaceRISE, un consortium hétéroclite mêlant fabricants de satellites (comme Thales Alenia Space, OHB ou Airbus Defence and Space), d’opérateurs satellitaires (comme Eutelsat, SES ou Hispasat) et sous-traitants des télécommunications (comme Telespazio, Deutsche Telekom ou Orange) aux intérêts divergents. Gageons que chacun cherchera plutôt à capter une part des fonds européens que de bâtir un acteur spatial cohérent. Ce schéma rappelle l’échec de Gaia-X, dans lequel approche constructiviste et réflexe bureaucratique ont étouffé toute ambition industrielle. L’Union européenne se condamne à échouer en se rêvant maître d’ouvrage d’un futur écosystème numérique européen.

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Écosystème dont il convient de rappeler, au passage, qu’il est moribond. Les réseaux 5G européens sont dominés par Huawei, ZTE, Nokia et Ericsson. Mais alors que les leaders européens des antennes 5G ne représentent que 3 % du marché chinois, Huawei et ZTE ont contrôlé jusqu’à près de 60 % du marché allemand, avant d’en être écartés à partir de juillet 2024.

Cette asymétrie illustre l’impuissance européenne à imposer ses acteurs technologiques sur le marché mondial et son incapacité à protéger ses industries. Microsoft, Apple et Google détiennent 98 % du marché des systèmes d’exploitation ; l’Union européenne est inexistante sur ce secteur. L’UE ne possède ni moteur de recherche, ni réseau social capable de concurrencer les géants numériques américains et chinois. Le marché mondial des smartphones est tout aussi déséquilibré puisque le Top 10 mondial des vendeurs de smartphones est dominé par Apple (États-Unis) et Samsung (Corée du Sud) avec 18 % de part de marché chacun, suivis par huit entreprises chinoises : Xiaomi (14 %), Transsion (9 %), OPPO (8 %), Vivo (8 %), Honor (5 %), Lenovo (5 %), Huawei (4 %) et Realme (4 %). Aucune entreprise européenne ne fait partie du Top 10 de ce classement qui concentre à lui seul 94 % du marché mondial.

L’UE s’est enfermée dans un dogme archaïque, que sert un droit européen de la concurrence mortifère

Pourquoi ce rappel ? Parce que le projet IRIS² ne changera rien à cette situation. Le véritable problème européen ne réside pas dans l’absence d’investissements massifs ou dans un retard technologique conjoncturel, mais dans l’impossibilité structurelle pour l’Union européenne de bâtir un écosystème numérique complet. Alors que les États-Unis et la Chine ont développé une stratégie industrielle cohérente alliant innovation, financement public, consolidation de champions nationaux par ultra-concentration et ultra-capitalisation mais surtout volonté de puissance, l’Union européenne s’est enfermée dans un dogme archaïque que sert un droit européen de la concurrence mortifère. Les satellites ne sont pas qu’un outil de connectivité, ils sont une arme géostratégique. Les fréquences satellitaires sont limitées et déjà en grande partie captées par les Américains et les Chinois.

IRIS² est un nouvel exemple de l’impuissance européenne : un projet conçu trop tard, trop lent, trop cher, sans vision ni volonté de puissance. L’Union européenne gère l’Internet par satellite comme l’énergie ou la collecte des déchets et prône le recyclage et la décroissance plutôt que l’innovation et la prospérité. IRIS² n’est pas un projet stratégique, c’est une rustine sur un Titanic numérique en train de sombrer.

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