Le JDD. Arles passe de la 334e place à la 160e dans la catégorie des villes de plus de 50 000 habitants où il fait bon vivre. Comment analysez-vous cette progression fulgurante en un an ?
Patrick de Carolis. C’est le fruit de plusieurs années de travail qui commence par l’assainissement des comptes de la ville, puisqu’il y a cinq ans, Arles avait mauvaise presse sur le plan économique, avec 108 millions d’euros de dette. C’est insupportable pour une petite commune comme la nôtre. Dans le même temps, il fallait préserver le pouvoir d’achat des Arlésiens et investir, imaginer l’avenir, ce que nous avons fait à hauteur de 69 millions d’euros. La dette, dans un an, à la fin du mandat, affichera la somme de 88 millions d’euros. Certes, c’est encore beaucoup, mais cela demande du temps. En tout cas, ce travail a permis de redonner confiance aux banques, aux collectivités locales et à l’État. Nous allons donc de l’avant.
De quelle manière cette confiance et ces investissements se traduisent-ils dans la ville ?
Nous avons refait des rues, des places, remis de l’éclairage public. Sept-cents arbres ont été plantés. La ville en a offert à chaque naissance d’un petit Arlésien. Il fallait embellir, redonner vie, réparer la ville, et ça se voit. Et puis si l’on fait un peu d’histoire, Arles s’appelait Arelate, ce qui signifie, la « ville près des étangs ». La ville était striée de canaux. Ils ont été recouverts il y a des décennies, et je peux vous annoncer que nous allons les découvrir, leur redonner vie et apporter plus de fraîcheur à la ville. Enfin, et c’est primordial, nous avons renforcé la sécurité.
C’est-à-dire ?
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En 2020, Arles comptait douze policiers municipaux. Aujourd’hui, ils sont 50 et armés. Nous avons également embauché six gardes champêtres, ce qui permet de couvrir les 75 000 hectares de la commune dont la particularité est d’être à la fois urbaine et rurale avec les hameaux qui l’entourent, ses rizières, ses élevages de taureaux et même de mérinos réputés pour la qualité de leur laine. De même, nous sommes passés de 120 caméras à plus de 300.
Les policiers d’Arles luttent main dans la main avec la police nationale contre le trafic de drogue qui est tenu ici par les narcotrafiquants Marseillais
Elles sont extrêmement importantes pour la vidéo-verbalisation dans la ville, mais aussi en dehors, car nous sommes de plus en plus confrontés à des problèmes de décharges sauvages. Enfin, nous n’échappons pas à la délinquance mais elle diminue de presque 8 %. Pour finir, les policiers d’Arles luttent main dans la main avec la police nationale contre le trafic de drogue qui est tenu ici par les narcotrafiquants Marseillais qui utilisent notamment de très jeunes adolescents ; le dernier guetteur interpellé n’avait que 14 ans. Ces jeunes sont souvent violents et peuvent être dangereux pour les personnes. Malgré tout, en un an, les saisies de drogues ont augmenté de plus de 7 %.
Comment vous imaginez Arles d’ici dix ou vingt ans ?
Arles est une ville historiquement culturelle avec son amphithéâtre et ces monuments classés à l’Unesco et aujourd’hui, nous amplifions cela. Tous les mois, nous créons des événements. Par exemple, nous sommes la ville d’arrivée du Tour de La Provence cycliste en février. Nous avons depuis cinquante-cinq ans le Festival de la photo et tout un écosystème autour de l’image avec une grande école de films d’animation réputée désormais bien au-delà de nos frontières, une école de la photo, et l’installation de studios d’animation qui nous permettent de créer des dizaines d’emplois plutôt jeunes. C’est une industrie qui permet de faire vivre le centre-ville. Arles parie sur l’industrie culturelle et créative, c’est notre avenir.
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