
Il fait partie de l’ADN du rugby français. C’est certainement l’un des Français les plus populaires. Nous sommes en plein Tournoi des Six Nations, nous avons gagné contre le pays de Galles, mais nous avons perdu contre l’Angleterre. Serge Blanco, surnommé le « Pelé du rugby », est né à Caracas, au Venezuela. Lors de ses 93 sélections en équipe de France, il a marqué plus de 233 points. C’est un homme fidèle, il n’a connu qu’un seul club, le Biarritz Olympique, de 1975 à 1992, il a même été président de ce club de 1995 à 1998 et de 2008 à 2015. Le rugby français lui doit immensément, c’est lui qui a créé en 2008 la Ligue nationale de rugby professionnel, il en a d’ailleurs été le président de 1998 à 2008.
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Son palmarès est incroyable. Avec l’équipe de France de rugby, il a gagné le Tournoi en 1981, 1983, 1986, 1987, 1988 et 1989. Il a remporté par la même occasion deux Grands Chelems en 1981 et 1987. Ce Basque est avant tout un homme de parole, un homme d’honneur sur qui l’on peut compter, il est d’une fidélité exemplaire. Dans le rugby, il a tout connu, il a même été vice-président de la Fédération français de rugby de 2012 à 2016. On a l’impression qu’il a eu plusieurs vies, il a failli devenir footballeur, ailier gauche comme à l’ancienne, il a failli jouer à Nantes, mais il préfère rester chez lui, dans sa belle région. Sa grande déception est d’avoir perdu en finale du championnat de France en 1992 contre Toulon. Il s’est beaucoup investi chez les Barbarians français et c’est avec cette équipe qu’il disputa son dernier match officiel le 31 octobre 1992 contre les Springboks, à Lille.
Aujourd’hui, je veux vous parler de Serge Blanco, car il était temps que je lui rende hommage à titre personnel. Quand j’ai eu l’accident de Furiani en 1992, il a tout de suite été à mes côtés, puis il est venu à l’hôpital de la Salpêtrière me récupérer pour réaliser ma rééducation dans son centre à Hendaye. Serge a réussi à me motiver, à m’encourager, à me faire soigner, et il a mis à disposition tout son personnel, dont le fidèle Patrick Iriart. Grâce à lui, j’ai découvert le monde du rugby. J’ai assisté, pendant l’été 1992, au transfert de Patrice Lagisquet, qui jouait à l’Aviron bayonnais, l’ennemi juré, à Biarritz. À cette occasion, Serge eut une conversation informelle avec Patrice, ils se serrèrent la main et c’est au Biarritz Olympique que Patrice a fini sa carrière.
Serge Blanco est un seigneur
J’ai connu la grande plage d’Hendaye, ces grandes promenades le long de l’océan, ce vieux stade d’Hendaye où l’on jouait au football et au rugby. J’ai connu le Pays basque grâce à lui et je lui en serai éternellement reconnaissant. Nous avons tellement de souvenirs ensemble, tellement de fous rires, une amitié indéfectible. Et je sais qu’il ne va pas être content que je l’écrive mais, chaque fois que je lui demandais d’être le consultant des radios où j’ai travaillé, il nous demandait de reverser son dû à l’association Chrysalide de Patrice Lagisquet. Le 19 novembre 1997, avant la Coupe du monde, lors du match entre les « bâtisseurs du Stade de France » et le Variétés Club, Serge Blanco futle premier buteur de ce lieu mythique. Oui, oui… Serge Blanco est un seigneur, un gentleman, il fait partie de notre patrimoine.
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