
Elias est notre enfant à tous. Le mien, le vôtre. Louise aussi, frêle silhouette de 11 ans anéantie par ce moloch des nouveaux temps : l’hyperviolence, la sauvagerie, la désinhibition totale et la pulsion de mort. Était-elle évitable cette mort-là ? Bien sûr. Il aurait fallu prendre en compte la dangerosité de son agresseur de 23 ans, écouter sa jeune sœur qui avait déposé une main courante contre lui pour des accès de violence et lui opposer une grande fermeté plutôt qu’un stage de citoyenneté, après deux arrestations pour des vols n’ayant pas entraîné de poursuites judiciaires.
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La mort d’Elias, 14 ans est tout aussi révoltante. Assassiné le 24 janvier dernier à Paris alors qu’il revenait d’un entraînement de foot avec un copain. Face à lui, deux mineurs délinquants récidivistes de 16 et 17 ans qui s’adonnaient à l’ignoble activité de racketter de jeunes ados sans défense. « Interdiction de contact entre vous », avait pourtant dit le juge après un nouveau vol avec violence en octobre dernier. La belle affaire… ils habitent dans le même immeuble ! Et comme seule sanction, un contrôle judiciaire inapplicable et inappliqué. Il a fallu que les parents d’Elias publient une lettre ouverte pour raconter ce qui s’est vraiment passé ce soir-là afin que la vérité éclate.
« Honte à ces élus qui n’ont jamais rien voulu changer au cours dramatique de la violence en France »
Non, Elias n’a pas refusé, mais au contraire, a donné tout de suite son téléphone portable, effrayé par les armes exhibées. Et non, il ne s’agissait pas d’un coup de couteau mais d’un coup de machette. Une « zombie », comme l’a dit son meurtrier présumé. Je vous conseille d’aller sur Internet pour découvrir la taille de cet outil de mort afin de vous convaincre qu’il ne s’agit pas d’un banal couteau.
« Elias aurait dû avoir 15 ans le 14 février dernier, Élias n’aura jamais 15 ans. » Du fond de leur douleur, son père et sa mère posent ce terrible constat : « L’État ne protège pas ses citoyens […] Nous ne demandons pas aux représentants des partis politiques, aux magistrats, de ressusciter les disparus. Nous leur demandons de protéger les vivants. » J’ai du mal à lire ces mots qui me font ressentir une profonde colère, la même que la vôtre, je le sais.
Colère contre ceux qui tentent encore et toujours d’excuser cette violence des jeunes au prétexte qu’il faudrait « comprendre » d’où elle vient et leur laisser le temps de se « ressaisir », d’où la césure installée par Nicole Belloubet entre le délit et la sanction de la justice. La proposition de loi de Gabriel Attal pour durcir la justice des mineurs est la bienvenue. Encore faut-il que la loi soit appliquée. Colère face à la mauvaise foi de ceux qui nous accusent de récupérer, d’instrumentaliser cette horreur alors que, faut-il le rappeler encore plus fort, un enfant est mort ! Que dis-je, des enfants sont morts !
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Honte à ceux qui sont révoltés non pas par le sacrifice des innocents mais par ceux qui osent le dénoncer. Honte à ces élus qui n’ont jamais rien voulu changer au cours dramatique de la violence en France. Honte à leurs séides, journalistes ou plutôt commissaires de la pensée qui se sont autoproclamés depuis quarante ans, garants du « camp du bien ». Les politiques passent et nos enfants trépassent. Jusqu’à quand ?
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