
Le vote s’est joué à un cheveu. Proposé par Emmanuel Macron, Richard Ferrand a été nommé président du Conseil constitutionnel par le Parlement, grâce à 39 votes favorables contre 58 oppositions. Il en aurait suffi de 59 pour bloquer sa nomination. Dans ce contexte, l’abstention des députés du Rassemblement national, pourtant d’ordinaire très critique à l’encontre du président de la République et de ses alliés, est pointée du doigt par la droite.
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Laurent Wauquiez, patron des députés de la Droite républicaine et candidat à la présidence de LR, a ainsi lancé sur X : « Les députés RN se font aujourd’hui complices de la nomination à la présidence du Conseil constitutionnel d’un compagnon de route d’Emmanuel Macron, ayant milité pendant près de 40 ans au sein de l’aile gauche du PS ». Avant d’ajouter : « Complices de fait de la poursuite de l’œuvre idéologique de Laurent Fabius qui ruine toute tentative de reprise en main de l’immigration. Il y a les paroles mais il y a surtout les actes : Marine Le Pen devra s’en expliquer devant les Français. »
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Le député LR Olivier Marleix va jusqu’à s’interroger sur l’existence d’un « deal secret » entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, faisant référence à la décision que pourrait prendre le Conseil constitutionnel dans le cas où la cheffe des députés RN était condamnée à une peine d’inéligibilité. Selon lui, l’abstention du RN a été déterminante dans l’accession de Ferrand au Conseil constitutionnel. « C’est évidemment totalement incompréhensible. Madame Le Pen se présente matin, midi et soir comme la meilleure opposante d’Emmanuel Macron et aujourd’hui elle valide gratuitement la nomination […] d’un des plus proches du président de la République », dénonce-t-il. Son collègue LR Julien Dive parle, lui, de « magouille ».
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À droite du RN, le chef du parti Reconquête Éric Zemmour a lui aussi commenté la nomination de Richard Ferrand au Conseil. Selon l’ancien candidat à l’élection présidentielle, « en s’abstenant, le RN a donc permis à ce proche de Macron de devenir le président de l’institution qui méprise le plus la volonté du peuple et qui agit sans cesse contre ses intérêts vitaux. Même les LR ont refusé ce camouflet ». Et d’espérer que « cette décision politicienne ne soit pas lourdement payée par les Français ».
La gauche exprime sa sidération
Si la droite crie à la collusion, la gauche n’est pas en reste. La députée LFI Mathilde Panot s’indigne sur X, accusant Ferrand d’être « parrainé par Marine Le Pen et le Rassemblement national » pour « sauver Macron ». « Quel est leur accord secret ? », interroge-t-elle. Même questionnement pour sa collègue insoumise Clémence Guetté, qui se demande aussi « quel pacte Le Pen a-t-elle conclu avec le camp macroniste ? ». Et d’enfoncer le clou : « Ils sont et ont toujours été une opposition en carton. »
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Même son de cloche du côté du PCF. « Le sort de Marine Le Pen sera donc dans les mains de Richard Ferrand », ironise son secrétaire national, Fabien Roussel, faisant référence à la peine d’inéligibilité que risque Marine Le Pen dans le procès des assistants parlementaires du RN. « Le bon sens, la responsabilité, le sens de l’État devraient amener Emmanuel Macron et Richard Ferrand à considérer qu’il ne faut pas procéder à cette nomination », a réagi sur BFMTV la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, à propos de la proximité entre l’ancien président de l’Assemblée nationale et le président de la République en exercice.
Ferrand a « rassuré » le RN
Face au tollé, le Rassemblement national tente d’éteindre l’incendie. Sur les réseaux sociaux, plusieurs députés assurent avoir fait « le choix du moins pire », arguant que d’autres noms avaient circulé, comme Christiane Taubira ou Éric Dupond-Moretti.
« Nous avons posé des questions précises à Richard Ferrand, sur comment il envisageait sa présidence au Conseil constitutionnel ; il nous a rassurés, il s’est engagé devant la représentation nationale, devant les députés présents », a notamment déclaré le député RN Bryan Masson, selon des propos diffusés par un journaliste du Figaro.
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