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Grozdanovitch et Vasquez : le roman, dernier refuge à l’ère du nombrilisme



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19 Fév 2025
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Grozdanovitch et Vasquez : le roman, dernier refuge à l’ère du nombrilisme
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Face à la polarisation des opinions et aux urgences diverses, pourquoi encore lire de la fiction, ces histoires inventées par d’autres ? Qu’ont à nous dire ces êtres de papier inanimés ? Lecteurs avisés et fins observateurs, Denis Grozdanovitch et Juan Gabriel Vasquez répondent à ces questions dans leurs essais respectifs. Des pages revigorantes : à leur manière, ils démontrent combien écrire et lire sont des sauts dans la liberté, des pas de côté face au conformisme, des actes « sans aucun doute séditieux et dissidents en soi ».

Proust, Chesterton, Pessoa, Vialatte Rilke, Sempé… Dans Une affaire de style, Denis Grozdanovitch convoque tout ce que la littérature compte d’esprits libres, ceux dont le « parti pris [lui] semble d’autant plus précieux et salutaire que le monde s’est progressivement enfoncé – au nom d’une discutable idéologie de justice sociale intemporelle – dans le pathos du désastre ». Voilà qui est dit.

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L’ancien tennisman se console en se plongeant dans ses auteurs favoris. Un point commun entre tous : le style et les thèmes sont tout en subtilité, à distance de leur époque. Il invite ceux qui évoluent dans un monde devenu « de plus en plus invivable » à « préserver quelques nuances dans leur esprit et plus encore dans leurs propos ». Un regard lucide, caustique à l’occasion, moins amer qu’élégant, comme un service parfaitement slicé. Sont ainsi écornés nos contemporains « néophiles et enthousiastes », peu enclins à l’introspection et à l’auto-ironie, ceux que Barbey d’Aurevilly appelait « les baise-culs du fait échu » et Milan Kundera, les « collabos de la modernité » : il ne tient qu’à nous de n’être pas de ceux-là !

Choisir « la littérature comme style de vie »

Dans ces lectures, distillées avec plaisir et raison, le lecteur pourra, chez ces « grands désabusés pleins d’humour et inappréciables consolateurs », « redécouvrir à quel point le sens véritable de l’existence gît non point dans les grandes théories, les brillants concepts ou les idées trop généreuses de nos beaux parleurs, mais dans le secret du cœur de quelques individus discrets et subtils qui répugnent à élever la voix au sein du brouhaha discordant et absurde ».

Cet essai ne se veut pas un appel à agir, il formule plutôt un souhait : choisir « la littérature comme style de vie ». Dans un univers rempli de disciples d’Érostrate – du nom de l’incendiaire du temple d’Artémis qui recherchait à tout prix la célébrité –, il nous faudra accepter de « dégager notre ADN de la multiplicité » pour toucher à l’universel.

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La révolte du romancier

Juan Gabriel Vasquez, grand auteur colombien, rejoint en partie ces idées : devant la perte de terrain de la littérature, « est-il possible que ces ressorts littéraires aient cessé de nous révéler des réalités importantes ? ». Sa réponse sera non.

D’emblée, il balaie le chantage à l’appropriation culturelle : Marguerite Yourcenar n’a certes pas été un empereur romain du IIe siècle mais ses Mémoires d’Hadrien lui ont permis d’adopter parfaitement le point de vue d’un autre qu’elle, « l’une des tâches les plus difficiles qui soient : cela exige de fortes doses d’imagination et de flexibilité morale, de curiosité et de clairvoyance ». Dont acte.

« Le pouvoir des écrivains de fictions est effrayant »

On retrouve, intimement déliée, l’idée de Denis Grozdanovitch : ce qui fait « naître les meilleurs romans » est de « révéler ce qui est invisible, caché, ignoré ». De là, on comprend combien « le pouvoir des écrivains de fictions est effrayant : donner forme à la vie d’autrui, lui imposer un sens et en extraire ses significations profondes ». On comprend aussi que la posture est celle, non pas du révolutionnaire, mais du révolté : quand le premier cherche à imposer ses absolus, le second constate les nuances, les ambiguïtés.

Ce qui est en jeu dans ces essais, c’est l’ambivalence de l’aède, accusé de mensonges depuis Platon quand il ne cherche qu’à saisir l’intime. Révolte ou retrait du monde, Grozdanovitch et Vasquez dépeignent deux marges voisines. On se plaira à parcourir leurs livres, légers dans la forme et insondables dans le fond. Tout comme l’est la fiction.


Une affaire de style, Denis Grozdanovitch, Grasset, 234 pages, 20 euros.

La traduction du monde, Juan Gabriel Vasquez, Seuil, Coll. « Essais Littéraires ». 160 pages. 20,50 euros.

Source : Lire Plus

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