
François Bayrou hausse le ton. À la suite du comité interministériel sur l’immigration, ce mercredi 26 février, le Premier ministre a indiqué vouloir « réexaminer la totalité des accords » entre la France et l’Algérie.
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Lors d’une conférence de presse, François Bayrou a notamment évoqué les accords de 1968 qui ne sont « pas respectés », affirmant que le gouvernement français ne peut « pas accepter que la situation perdure ». Et d’ajouter : « Je le dis sans volonté de faire de l’escalade, sans volonté de faire de la surenchère, il est de la responsabilité du gouvernement français de dire que les refus de réadmission [des ressortissants algériens, NDLR] sont une atteinte directe aux accords que nous avons avec les autorités algériennes et que nous ne l’accepterons pas. »
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Le chef du gouvernement a également annoncé qu’une « liste d’urgence de personnes qui doivent pouvoir retourner dans leur pays et que nous considérons comme particulièrement sensibles » sera présentée au gouvernement algérien. « S’il n’y avait pas de réponse au bout du chemin, il n’y a pas de doute que c’est la dénonciation des accords qui serait la seule issue possible », a encore prévenu François Bayrou, assurant néanmoins que « ce n’est pas celle que nous souhaitons ».
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Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé avoir demandé un « audit interministériel » sur la « politique de délivrance des visas » par la France. Sur le cas de Boualem Sansal, il a fait part de « sa grande inquiétude ». Incarcéré depuis novembre en Algérie pour des accusations d’« atteinte à l’intégrité du territoire national », l’écrivain franco-algérien, atteint d’un cancer de la prostate, a entamé une grève de la faim il y a quelques jours. « Prononcer le nom de Boualem Sansal dans cette conférence de presse » est « une manière de dire l’importance que la France accorde à sa personnalité et au respect qui devrait lui être dû », a ajouté François Bayrou.
En outre, ces annonces interviennent dans un contexte de très fortes tensions entre la France et l’Algérie. Ce samedi 22 février, l’attentat islamiste d’un Algérien sous OQTF a relancé la question du renvoi des ressortissants algériens, alors qu’Alger avait refusé de reprendre l’assaillant présumé à plus de dix reprises. Depuis, plusieurs membres du gouvernement, comme le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, ont appelé à durcir le ton face à Alger. Une première mesure était tombée ce mardi 25 février : le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé restreindre l’accès au territoire à plusieurs dignitaires algériens.
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