
En lançant sa première épicerie nomade sur les routes de la campagne de la Loire, le groupe de distribution Casino fait le pari du commerce ambulant, très prisé dans les années 1960 puis progressivement abandonné au profit de magasins fixes. « Le véhicule pour lequel j’ai recruté un conducteur chargé de vendre les produits du quotidien sillonne une douzaine de petites communes autour de Chazelles-sur-Lyon », se réjouit Corentin Benoît, gestionnaire du projet et propriétaire d’un supermarché dans la Loire.
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Depuis un mois, cette épicerie ambulante propose 350 références du quotidien : conserves, sel et poivre, en passant par de la viande, des produits laitiers frais, du pain, mais également le journal local… et se stationne sur les places des villages, avec l’autorisation des mairies qui voient d’un très bon œil ce retour de commerce. « De semaine en semaine, continue Corentin Benoît, je constate une progression de la fréquentation. Beaucoup de mes confrères m’interrogent en vue de la création d’un service équivalent sur leur territoire. »
« 21 000 villages sont dépourvus de commerce de proximité »
Si l’expérimentation s’avère positive et rentable, Casino pourrait dupliquer son concept un peu partout dans les campagnes françaises, d’ici à un an. Le besoin est réel, sachant que « 21 000 villages sont dépourvus de commerce de proximité ». Selon les chiffres de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, le déclin des activités commerciales dans les zones rurales ne cesse de s’accélérer : 62 % des petites communes en sont désormais totalement privées. Le chiffre n’était que de 25 % en 1980…
Depuis quinze ans à la tête de la société Carvrac, Annabel Chevillard s’occupe d’une boutique de produits secs en vrac (cafés, céréales, chocolat, thé…), qu’elle complète par « deux camionnettes aménagées, qui visitent les villages situés dans un rayon de 25 kilomètres autour de la commune de Candé, dans le Maine-et-Loire ». Un site internet s’ajoute à l’offre de Carvrac : « Il permet aux clients de connaître les horaires de passage et de profiter de prix équivalents à ceux de la concurrence sédentaire dans leurs commandes. » Preuve de sa réussite, Annabel Chevillard négocie actuellement avec plusieurs candidats franchisés qui vont s’équiper, à leurs frais, de véhicules aménagés et lui permettre d’élargir ses zones de chalandise.
Si aucun chiffre fiable ne permet aujourd’hui de déterminer l’ampleur du secteur avec précision, les pouvoirs publics affichent leur volonté de soutenir les candidats à la création de commerces ambulants par l’existence d’une aide pouvant atteindre 20 000 euros, versée par l’Agence nationale de la cohésion du territoire. Les préfectures de région peuvent aujourd’hui identifier entre 10 et 15 projets à accompagner, qu’il s’agisse d’épiceries, de boulangeries ou de boutiques ambulantes de réparation de smartphones !
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L’assureur Mapa, spécialiste du commerce, préconise une série de mesures pour que le bouclage financier d’une telle aventure soit réussi. Et donne une précision importante : « Les banques exigent un apport personnel compris entre 20 et 30 %. » En fonction des aménagements intérieurs, du système de caisse, de la réfrigération éventuelle, une camionnette réclame un budget de démarrage compris entre 30 000 et 100 000 euros.
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