De Bong Joon-ho, avec Robert Pattinson, Mark Ruffalo, Toni Collette. 2h17.
En 2054, une entreprise d’exploration spatiale est mandatée pour implanter l’espèce humaine sur une autre planète que la Terre. Mickey, endetté, trouve le moyen de fuir son débiteur en rejoignant la colonie. Il signe son contrat sans vraiment mesurer les conséquences : il va devenir un employé remplaçable. Ses données personnelles sont scannées et à chaque fois qu’il mourra son corps sera réinitialisé grâce à une imprimante 3D dernier cri… Cet ovni signé Bong Joon-ho est un condensé de ses précédents opus, en particulier The Host (2006), Snowpiercer (2013) et Okja (2017), pour la dimension dystopique, politique et satirique. Farouchement singulière, audacieuse et excessive, cette fable se situe à la croisée des genres, convoquant le récit d’anticipation, le film de monstre et même la farce burlesque, multipliant les ruptures de ton. Car il s’agit quand même du portrait d’un homme cobaye, sacrifié à tour de bras et recyclé à volonté, sans être indemnisé du préjudice moral occasionné. Robert Pattinson excelle dans ce rôle périlleux et débridé, sous l’œil du réalisateur et scénariste sud-coréen qui ne cesse de se réinventer pour notre plus grand plaisir. S. B.
Dans la cuisine des Nguyen ★★★
De Stéphane Ly-Cuong, avec Clotilde Chevalier, Anh Tran-Nghia. 1h39.
Yvonne rêve de devenir artiste de comédie musicale mais essuie refus sur refus lors des castings. Propriétaire d’un restaurant, sa mère souhaite qu’elle trouve enfin un mari et lui succède. Belle surprise que ce premier long métrage plein de charme signé Stéphane Ly-Cuong, sorte de prolongement de son spectacle Cabaret jaune citron, qui, dans un même mouvement, embrasse le genre et une communauté peu visitée à l’écran pour aborder les thèmes de la transmission, des racines et de l’identité. Le réalisateur joue avec les clichés, moque gentiment au passage le milieu, livrant une comédie pop aux dialogues savoureux, tendre et piquante à la fois, où l’on s’attache à son antihéroïne bien incarnée. De quoi séduire les fans du genre. Et même les réfractaires à celui-ci. Bap. T.
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Black Dog ★★★
De Hu Guan, avec Eddie Peng, Liya Tong. 1h50.
Lang revient dans sa ville natale aux portes du désert de Gobi, après avoir purgé dix ans de prison et obtenu sa liberté conditionnelle. Il est engagé par la patrouille locale chargée de débarrasser les rues des chiens errants et se prend d’affection pour l’un d’entre eux… Lauréat du Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes, ce drame raconte comment un héros solitaire et mutique, qui tente de se reconstruire, va trouver l’apaisement auprès d’un animal suspecté d’avoir la rage. Grâce à leur rencontre, ces deux marginaux vont redonner un sens à leur vie. Le réalisateur Hu Guan montre une Chine rurale à l’abandon, sinistrée, bientôt vouée à la démolition, à l’instar de son compatriote Jia Zhang-ke, qui tient ici un petit rôle. On est bluffé par l’ampleur de la mise en scène, la splendeur de la photographie et l’émotion qui se dégage de cette histoire simple, mais essentielle. S. B.
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Le système Victoria ★
De Sylvain Desclous avec Damien Bonnard, Jeanne Balibar. 1h41.
Architecte de formation, David gère la construction d’une grande tour d’immeuble dans le quartier de La Défense. Un chantier qui le soumet à beaucoup de pression, entre les retards accumulés et les exigences des promoteurs immobiliers. Alors qu’il s’apprête à jeter l’éponge, il fait la rencontre d’une ambitieuse DRH qui le pousse à faire preuve de davantage d’ambition. On est d’abord séduit par l’étrange relation qui se noue entre ces deux personnalités que tout oppose, aussi bien humainement que socialement, interprétés avec une belle complexité par Jeanne Balibar et Damien Bonnard, mais l’intensité entre eux se délite trop vite par manque de crédibilité et l’intrigue court finalement assez court. Dommage. B. T.
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