Louis van Gaal suit avec passion les matchs du Paris Saint-Germain, mais aussi ceux d’Arsenal. L’ancien sélectionneur des Pays-Bas et entraîneur du FC Barcelone, du Bayern Munich, de Manchester United ou encore de l’Ajax Amsterdam, avec qui il a remporté la Ligue des champions il y a pile trente ans, ne cache pas son faible pour la formation de Luis Enrique, un joueur qu’il a dirigé à deux reprises en Catalogne entre 1997 et 2003. L’ancien technicien batave s’est confié au JDD depuis sa maison portugaise, où il savoure une paisible retraite. Pour lui, la force du PSG réside dans son collectif et l’abandon du star-système.
Le JDD. Qui est le favori de cette demi-finale, le PSG ou Arsenal ?
Louis van Gaal. Sur le papier, c’est vraiment du 50-50. Cette double confrontation va se jouer sur des détails, et les matchs seront sans doute très équilibrés. C’est d’ailleurs sur des détails que Paris a éliminé Liverpool en huitièmes, puis Aston Villa en quarts de finale. Mais il faut avouer que les deux fois, la qualification était amplement méritée. Il faut mesurer ce qu’a réussi le PSG : c’est une équipe impressionnante et Luis Enrique réalise un travail considérable.
« Luis Enrique donne le sentiment d’être heureux à Paris »
Quel regard portez-vous sur votre ancien joueur au Barça ?
Déjà, je ne suis pas surpris de la réussite. À l’époque, déjà, je voyais qu’il s’intéressait à tous les paramètres entourant la vie d’entraîneur. Il était très curieux et posait souvent des questions à la fois tactiques et sur la gestion d’un vestiaire au quotidien. Son chemin était tout tracé, et le voir réaliser un parcours aussi fort n’est pas surprenant. À Paris, il donne le sentiment d’être heureux et de pleinement s’épanouir en ayant les coudées franches.
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Ce PSG est-il plus fort que du temps du trio Mbappé-Messi-Neymar ?
Sans toutes ces stars, l’équipe est bien plus équilibrée avec un entraîneur de caractère qui a sa propre philosophie. Luis Enrique est parvenu à fédérer cette équipe, ce club. Il mérite incontestablement tout ce qui lui arrive. Ce PSG est super sans stars. Les dirigeants semblent avoir fini par comprendre qu’on pouvait faire l’unanimité sans avoir des vedettes mondiales dans son effectif et qu’aucun joueur ne devait être au-dessus de l’institution. Aujourd’hui, c’est le club qui compte avant tout. Avec cette approche, le PSG s’est enfin donné les moyens de réaliser ses ambitions européennes.
Au point de triompher dès cette saison à l’Allianz-Arenade Munich, le 31 mai ?
Bien sûr. Entre les quatre demi-finalistes [PSG, Arsenal, Inter Milan et FC Barcelone, NDLR], c’est vraiment difficile de faire un pronostic. Ces quatre équipes se valent. Le PSG a montré notamment face à Liverpool qu’il pouvait rivaliser avec n’importe quel grand club. L’équipe est complète et dégage beaucoup d’assurance et de confiance. C’est l’envie qui fera la différence, et étant donné que Paris n’a encore jamais gagné cette compétition, il va avoir les crocs. Il a donc toutes ses chances d’aller au bout.
Avez-vous été surpris par le niveau de jeu d’Arsenal face au Real Madrid ?
Un peu, en effet, car il est rare de voir le Real prendre l’eau ainsi en Ligue des champions, aussi bien à l’aller qu’au retour. Ce qu’a fait Arsenal, c’est fort, cela a marqué les esprits. Mais contre Paris, il va affronter un adversaire très différent avec un collectif bien huilé. Ça promet.
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