
Une visite qui ne passe pas pour Marine Le Pen. Dans un message publié sur X ce mardi 6 mai, la cheffe de file du Rassemblement national critique vertement la réception par Emmanuel Macron du président syrien par intérim, qu’elle qualifie de « djihadiste passé par Daesh et Al-Qaida ». « Stupeur et consternation », écrit la triple candidate à l’élection présidentielle, dénonçant « la provocation » et « l’irresponsabilité » du président de la République qui a prévu d’accueillir à l’Élysée ce mercredi 7 mai celui qui est à la tête de la Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier.
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« Une fois encore, Emmanuel Macron abîme l’image de la France et discrédite son engagement, notamment auprès de ses alliés, dans la lutte contre l’islamisme », assène Marine Le Pen.
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Son allié Éric Ciotti a également fustigé cette visite. « La réception du dictateur syrien islamiste par Emmanuel Macron à Paris est une faute », écrit le patron de l’UDR sur X ce mardi. « Je condamne une erreur fondamentale qui participe à la reconnaissance internationale d’un régime abominable ! », poursuit-il.
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« Nous ne faisons pas l’impasse sur le passé de Monsieur al-Charaa. Mais il a lancé un processus de transition », a expliqué Emmanuel Macron pour justifier cette visite. « Nous avons un rôle historique en Syrie. Notre intérêt est de stabiliser le pays », a en outre avancé l’Élysée. Ahmed al-Charaa, plus connu sous son nom de guerre Abou Mohammed al-Joulani, a dirigé HTC, ancienne branche d’Al-Qaida en Syrie. Il a aussi été à la tête du Front al-Nosra, organisation classée comme terroriste par l’ONU.
Lorsqu’il a pris le pouvoir, le nouvel homme fort de la Syrie a juré avoir abandonné son idéologie djihadiste. Mais selon une note du renseignement américain, dévoilée par Europe 1, il en serait autrement. Le gouvernement syrien distribuerait par exemple des passeports « à tout va » aux anciens djihadistes étrangers. Ce qui représente un « vrai danger » pour les pays occidentaux, écrivent les services de la Maison-Blanche.
Alors que plusieurs massacres ont visé les Alaouites ou les Druzes ces derniers mois dans le pays, le renseignement américain alerte aussi sur le sort des minorités. Celles-ci « subissent les mêmes horreurs qui pendant l’âge prospère de l’État islamique », avancent-ils. En outre, aucune preuve concrète ne montre, à ce stade, que le nouveau président ait l’intention de démanteler ou de combattre « les groupes terroristes qui pullulent en Syrie ».
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